La Commission européenne a adressé, lundi 30 mars, une série de recommandations aux États membres pour les aider à alléger la pression sur leurs systèmes de santé et pour soutenir les travailleurs de la santé. Les ressources des États membres sont effectivement limitées, comme le montrent les dernières statistiques publiées mardi 31 mars par l'office de statistique de l'UE (Eurostat).
Au cours des dix dernières années, le nombre de lits d'hôpitaux disponibles n'a fait que diminuer dans l'UE à 27 États membres, pour atteindre 2,4 millions en 2017. Cela représente une moyenne de 541 lits pour 100 000 habitants, avec d'importantes différences entre les États.
Les recommandations relatives à la résilience des systèmes de santé s'appuient sur les travaux du comité consultatif scientifique composé de huit épidémiologistes et infectiologues réunis la veille. Elles viennent compléter de précédentes orientations relatives aux mesures de distanciation et de tests (EUROPE 12450/3).
Sur la question des tests, un porte-parole de la Commission a déclaré : « Nous savons que chaque État membre est responsable de la mise en œuvre des procédures de test. Toutefois, les recommandations européennes peuvent contribuer à une approche ciblée basée sur une évaluation des risques et une approche scientifique ».
Un tel constat vaut également pour les recommandations du 30 mars sur la résilience des systèmes de santé.
Renforcer la résilience des systèmes de santé...
Ce nouveau document invite les États membres à bien identifier leurs priorités. « Il est clair que tous les États membres doivent se préparer à une éventuelle pression élevée et durable sur les systèmes de santé », note la Commission européenne en préambule. « Ces mesures sont essentielles pour protéger les populations vulnérables, diminuer la pression sur les services de santé et réduire la mortalité », poursuit-elle.
La Commission identifie la préparation des hôpitaux (plans de capacité évolutifs et plans d'urgence en cas de pénurie) parmi les mesures les plus urgentes. Elle recommande ensuite, dans l'ordre : - de limiter la présence « évitable » des personnes infectées dans les établissements de santé ; - d'identifier des installations de traitement pour les besoins de soins légers, sub-intensifs et intensifs ; - de libérer des ressources en annulant les procédures non essentielles ; - de former ou de réaffecter du personnel ; - de trouver des alternatives à l'hospitalisation, comme le confinement à domicile sous supervision médicale pour les cas moyens - et de limiter la propagation du virus en refusant l'accès aux hôpitaux à la famille et aux amis des patients admis.
... Et aider le personnel de santé.
Le document s'intéresse aussi au personnel de santé, qui, selon la Commission, représente « notre atout le plus important contre le Covid-19 ». « Dans toute l'UE, [ces professionnels] travaillent sans relâche en prenant de grands risques personnels. Il est essentiel que des mesures concrètes soient prises pour les soutenir », souligne la Commission.
À nouveau, le document identifie une série de priorités pour soulager et protéger ces travailleurs. Cela passe par des équipements de protection individuelle appropriés, une charge administrative allégée, des programmes de prise en charge des enfants ou un logement proche des hôpitaux ainsi que des programmes de soutien psychologique.
Voir les recommandations sur la résilience des systèmes de santé : https://bit.ly/2JEZ0Pj
Nouvelles statistiques
Le 31 mars, Eurostat a publié de nouvelles données qui montrent que les dépenses de santé varient fortement d'un État membre à l'autre.
En 2017, les dépenses de santé par rapport à la taille de la population étaient les plus élevées dans l'UE en Suède (5 200 € par habitant), au Danemark et au Luxembourg (5 100 € par habitant, chacune) et étaient les plus faibles en Roumanie (490 € par habitant) et en Bulgarie (590 € par habitant).
Des statistiques plus générales montrent que le nombre de diplômés dans le secteur de la santé était en augmentation ces dernières années, alors que le nombre de lits d'hôpitaux disponibles est en diminution.
Voir : https://bit.ly/39rwV8o (Sophie Petitjean)