Le groupe chrétien-démocrate au Parlement européen (PPE) est en train d'élaborer sa position sur une réponse exhaustive de l'Union européenne à la pandémie de Covid-19, en vue de la prochaine mini-session plénière qui se tiendra mi-avril.
« Nous y travaillons. Nous essayons de trouver une position commune. Je ne peux pas dire, à ce stade, qu'il y a un accord ni un désaccord », a déclaré, mardi 31 mars, un eurodéputé de ce groupe, pour qui les travaux pourraient aboutir « dans les prochains jours ».
En procédant de la sorte, la famille politique la plus représentée au PE entend peser dans les négociations qui s'amorcent entre présidents de groupes sur l'élaboration d'un projet de résolution commun énonçant une réponse européenne à la pandémie, résolution qui pourrait être mise aux voix lors de la mini-session plénière du jeudi 16 avril (EUROPE 12456/15).
Pour l'heure, il s'agit pour le groupe PPE de définir certaines idées et mesures que l'UE doit prendre pour être mieux armée à l'avenir pour lutter contre une pandémie comme celle qui sévit actuellement. À la lumière des preuves de solidarité entre États membres qui surgissent ça et là, un corps médical pourrait, par exemple, être formé, à l'instar du Corps européen de garde-côtes et de garde-frontières, pour intervenir avec du matériel européen là où une crise sanitaire éclaterait.
Les nouvelles technologies pourraient aussi servir à combattre la propagation d'un virus, à condition d'interpréter de manière souple la règlementation européenne encadrant la protection des données.
Sur le plan économique, certains au sein du groupe chrétien-démocrate sont d'avis que l'enveloppe du budget de l'UE pour la période 2021-2027 devrait être augmentée de façon substantielle (EUROPE 12457/2). La Banque européenne d'investissement (BEI) devrait aussi jouer un rôle accru pour aider les entreprises à faire face à leurs échéances financières. Est encore plus d'actualité l'introduction d'une taxe européenne de solidarité qui serait imposée aux géants du numérique, qui figurent parmi les grands gagnants du confinement de la population. (Mathieu Bion et Pascal Hansens)