L’eurodéputé Pierre Karleskind (Renew Europe, français) a estimé, mardi 4 février, que la pêche est une « priorité dans les négociations avec le Royaume-Uni » sur les relations futures.
« Elle ne doit en aucun cas constituer une variable d’ajustement. Un accord de pêche doit être indissociable d’un accord de commerce », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la filière pêche française « dépend de l’accès aux eaux britanniques » et que les professionnels sont « inquiets ».
Pierre Karleskind et Stéphanie Yon-Courtin (Renew Europe, française) ont effectué, mardi, une visite à Port-en-Bessin, en Normandie, avec la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, Sibeth Ndiaye, et la secrétaire d’État chargée des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, pour rencontrer les acteurs de la filière de la pêche au sujet des effets du Brexit.
« Si nous n’obtenons pas un accord de pêche avec l’accès réciproque aux eaux et aux ressources, nous ne pouvons pas signer un accord commercial avec le Royaume-Uni », ont dit M. Karleskind et Mme Yon-Courtin.
Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a souligné que l'accord devra garantir « un accès réciproque continu aux marchés et aux eaux avec des quotas stables » (EUROPE 12417/1). Pierre Karleskind devrait présider la commission de la pêche du PE (EUROPE 12415/4) après un vote qui aura lieu le 19 février en commission.
Retour imminent à Guernesey pour les pêcheurs français. Les pêcheurs français privés d'accès aux eaux de l'île anglo-normande de Guernesey depuis le 1er février, jour de l'entrée en vigueur du Brexit, devraient pouvoir y retourner d'ici la fin de la semaine, a assuré mardi Amélie de Montchalin.
« On a un accord diplomatique et un accord politique (...) Maintenant, on est dans la mise en œuvre. On va, par exemple, demander des immatriculations internationales à des pêcheurs qui parfois n'en ont pas. Il y a des petites démarches administratives », a précisé la secrétaire d'État. La Commission européenne « a prévalidé une liste de bateaux » qui veulent pêcher à Guernesey et « on a un accord avec Guernesey pour qu'ils ne prélèvent pas d'argent, que ce soit sans frais », a-t-elle aussi indiqué.
Lundi, à Bruxelles, elle avait alerté les commissaires concernés sur le fait que la pêche est un domaine « clé pour la confiance dans la négociation future » entre l’UE et le Royaume-Uni. (Lionel Changeur)