Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, lundi 3 février, toutes les parties à l’accord sur le nucléaire iranien à faire davantage pour le respect de l’accord.
« Nous devons nous préparer, de chaque côté, à une meilleure mise en œuvre », a-t-il expliqué lors d’un point de presse à Téhéran. Selon lui, si les Européens attendent des Iraniens des mesures positives concernant le nucléaire, les Iraniens attendent pour leur part des Européens des aspects positifs en matière d’économie. Les Européens ont notamment créé le mécanisme Instex. « Nous essayons de l’utiliser autant que possible, mais, jusqu’à présent, Instex n'a pas été en mesure de produire des transactions significatives », a reconnu le Haut Représentant.
M. Borrell a voulu se montrer rassurant quant au déclenchement du mécanisme de règlement des différends par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. « Cela ne signifie pas qu’ils veulent aller au Conseil de sécurité des Nations Unies pour définitivement annuler l’accord », a-t-il assuré. Et de rappeler que les trois pays avaient souligné qu’ils voulaient, au contraire, conserver l’accord.
Autre preuve de la volonté de garder l’accord : « pour se donner du temps pour négocier, tous sont convenus d’élargir et de repousser continuellement la date et le délai que le règlement du JCPOA prévoit », afin de ne pas se limiter strictement aux 15 jours prévus dans l’accord, a expliqué M. Borrell. Et d'ajouter : « Nous allons nous en occuper dans les prochaines semaines ou plus ».
Autre sujet de discussion avec les autorités iraniennes : la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient, « tenter de voir ce que l’on peut faire pour augmenter la stabilité, pour créer une compréhension mutuelle ou, au moins, de la confiance entre les acteurs, qui manque certainement », selon le Haut Représentant. « On ne peut pas parler de stabilité dans la région sans prendre en compte l’Iran », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)