Phil Hogan, le commissaire européen au Commerce, a tiré, jeudi 16 janvier, les premiers enseignements de sa visite à Washington, à l'occasion de deux conférences, l'une au Centre d’études stratégiques et internationales ou ‘CSIS’ et l’autre, en téléconférence avec le Global Council de Londres.
Tour de table des sujets les plus brûlants.
Agenda positif États-Unis/UE. M. Hogan semble déjà résigné à attendre l'issue des élections présidentielles américaines afin de remettre sur la table les perspectives de coopération transatlantique : « il n'y a pas d'appétence aux États-Unis pour cet agenda pour le moment », a-t-il admis. « Il n'y aura pas d'unité à court terme, parce que le président Trump fonctionne sur la base du fait qu'il veut un grief contre quelqu'un afin d'accentuer sa popularité dans certains États fédéraux ».
Chine. Tout agenda positif passe par une collaboration transatlantique pour relever le défi chinois, qualifié d’« obsession » américaine, a aussi rappelé M. Hogan. Et d'ajouter que l'UE attend pour 2020 des résultats concrets dans ses négociations avec Pékin sur un accord sur les investissements : « d'ici à la fin de l'année, la Chine doit se décider : veut-elle une série de relations compliquées avec les États-Unis ou l'UE » ou « opérer les ajustements nécessaires afin d'avoir des règles du jeu équitables ? »
Quant au traité commercial entre les États-Unis et la Chine, l’UE se réservera le droit de vérifier sa conformité aux règles de l’OMC.
Taxe GAFA. Si M. Hogan admet que la menace de tarifs n'est pas encore écartée, il est moins pessimiste quand il souligne qu'« on finira par trouver un mécanisme de taxe mondiale pour ce qui concerne le domaine technologique ».
Huawei. L’UE ne cédera pas aux pressions de l'administration Trump, a prévenu le commissaire. Huawei se devra d’appliquer, comme tout autre opérateur, les règles et disciplines qu'élaborera l'Union.
Négociations UE/Royaume-Uni. Phil Hogan a aussi mis Londres en garde contre les ambitions démesurément optimistes du Premier ministre britannique, Boris Johnson : « il est certain que, d'ici la fin de l'année, nous n'obtiendrons pas tout ce qui est dans le document de 36 pages sur la future relation (...) Ce n'est tout simplement pas possible ». (Hermine Donceel)