Les députés européens ont condamné, jeudi 19 décembre, toute forme de violence, les intimidations et les enlèvements de civils au Burkina Faso, en particulier les actes de violence visant certaines communautés religieuses ainsi que l'instrumentalisation de la religion pour légitimer la persécution des chrétiens et d’autres minorités religieuses.
Dans une résolution adoptée à main levée, le Parlement européen invite le gouvernement à renforcer le soutien et la protection qu’il apporte aux communautés musulmanes, chrétiennes et animistes afin de maintenir la tradition ancestrale burkinabé de coexistence pacifique entre les religions.
Cette tradition est menacée à dessein par la stratégie des groupes djihadistes pour alimenter les conflits et déplacer les populations, estime-t-il. Les violences au Burkina Faso, l'un des dix pays les plus pauvres au monde, ont entraîné le déplacement forcé de près d'un demi-million de personnes, dont 44% d'enfants. En 2019, plus de 60 chrétiens ont été tués dans différentes attaques.
Le Parlement s’inquiète de la détérioration de la situation au Burkina Faso et de ses implications géopolitiques internationales. Il souligne qu’il est impératif que l’UE continue d'apporter son aide aux efforts déployés dans la région par le G5 Sahel. Depuis 2015, des djihadistes et d’autres groupes armés qui opéraient auparavant au Mali ont terrorisé la population burkinabé et perpétré plusieurs attaques contre des cibles militaires, des écoles et des établissements de santé. (Aminata Niang)