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Bulletin Quotidien Europe N° 12376
ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement

Un pilotage politique doit guider la future architecture financière européenne pour le développement, selon les ministres

De l'avis des ministres européens du Développement, le rapport des Sages et ses recommandations pour rationaliser et rendre plus efficace la future architecture financière du développement constitue une bonne base pour la suite des travaux, qu'ils espèrent politiques et stratégiques.

Le débat public qu'ils ont eu sur ce rapport 'Wieser', lundi 25 novembre, a permis aux ministres de nourrir la réflexion qui se poursuivra au Conseil Affaires économiques et financières (Ecofin), le 5 décembre, en vue d'adopter des conclusions, après un premier échange de vues le 10 octobre (EUROPE 12346/5).

Le rapport préconise de consolider et rationaliser le financement du développement et les actions pour le climat dans les pays en développement et du voisinage au sein d'une entité unique : une 'Banque européenne pour le climat et le développement durable' pour éviter les doubles emplois (EUROPE 12372/18).

Renforcer la coordination européenne, donner de la visibilité (surtout par rapport à la Chine) à la politique européenne de développement, qui est méconnue, alors que l'UE est le premier donateur, puisqu'elle fournit plus de la moitié de l'aide publique mondiale au développement : tous les ministres ont reconnu qu'il s'agit là d'une nécessité absolue. 

Soulignant qu’il s’agissait d’abord d’une discussion politique, avant de choisir les options les plus pertinentes, le ministre du Portugal a estimé qu’« avant de décider de l’architecture, nous devons décider de nos priorités dans une perspective de développement ». Il a également demandé s’il ne serait pas judicieux d’organiser une réunion conjointe du Conseil 'Affaires étrangères/Développement' et du Conseil 'Ecofin'. L'Allemagne a insisté sur la nécessité d'un « lien stratégique » entre les ministres de ces formations du Conseil.

Même langage chez le ministre français, qui a parlé d'un « échange stratégique » et de la nécessité d'un « pilotage politique ».

Dans une note ('non paper'), le Portugal, le Luxembourg et la Grèce préconisent que la future architecture financière serve notamment à promouvoir les valeurs de l'UE et les intérêts européens.

De cet échange se sont dégagés des points de convergence, ce dont s'est réjouie la Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini. Ainsi :

. les ministres ont unanimement estimé que le statu quo ne pouvait être une option.

. ils souhaitent améliorer l'existant, la coordination politique, le narratif. L'option 2 (créer une filiale spécifique au sein de la BEI) semble être laissée de côté, y compris par le président du groupe des Sages, Thomas Wieser.

. quelle que soit l’option finalement retenue, celle-ci devra être au service de l’Agence 2030 pour le développement durable et de ses 17 ODD, et de la lutte contre le changement climatique. 

. avant toute décision, les options 1 et 3 devront faire l’objet d’une étude de faisabilité par une entité indépendante. Ces études devraient être lancées dans les six mois, avant l'été 2020, pour qu'une décision puisse être prise rapidement, a suggéré le Danemark.

. plusieurs délégations (comme les Pays-Bas) ont demandé à la BEI et la BERD de s’abstenir de modifier leur mandat avant toute décision finale. 

. tous ont reconnu que le choix était avisé de retenir comme priorités l’Afrique, les pays les moins avancés et les États fragiles souffrant d’un déficit de financement/d'investissements et la lutte contre le changement climatique.

. plusieurs délégations, en particulier celles des pays d’Europe centrale et orientale, ont toutefois insisté pour qu’on n’oublie pas les pays du voisinage et le Moyen-Orient.

Le commissaire européen Neven Mimica a souligné que, dans un monde en constant changement, le développement durable exigeait de véritables partenariats et l’utilisation de tous les instruments, à savoir le financement du développement, mais aussi les instruments capables d’avoir un effet de levier, l’aide au développement, à elle seule, ne pouvant suffire à comble l’écart entre les besoins et les ressources disponibles, y compris du secteur privé. Il a salué le rapport, en particulier les recommandations à court terme qui donnent à la Commission un rôle central.

Le président de la BEI, Werner Hoyer, a affirmé avec force que son institution a l'expertise et l'expérience requises pour l'Afrique « depuis 25 ans ». (Aminata Niang)

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