Le Parlement européen, réuni en mini-session plénière à Bruxelles, a célébré, mercredi 13 novembre, le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, en présence de Wolfgang Schäuble, président du Bundestag allemand. Une cérémonie dominée par des appels à l’unité et à la défense des valeurs et acquis européens.
Le président du Parlement européen, David Sassoli, a donné le la, déclarant que « la démocratie européenne et les principes sur lesquels elle se fonde ne sont malheureusement pas irréversibles » et qu'il est, de fait, « nécessaire de s’engager avec détermination à les défendre ». « Je ne peux que ressentir de l’inquiétude quand je vois en Europe revenir des fantômes que nous croyions morts et enterrés sous le poids de l’Histoire », a-t-il ajouté.
Le président du PE a également rendu hommage aux victimes des attentats perpétrés à Paris le 13 novembre 2015, déplorant « les ingérences qui essaient de saper nos conquêtes ». Il a toutefois mis en garde contre ceux qui « maquillent les faits de l’Histoire » et confondent la fierté pour leur pays avec la haine et le mépris pour les autres.
Wolfgang Schäuble est à son tour revenu sur les événements de l'automne 1989. Il a, comme M. Sassoli, assuré qu'au XXIe siècle, « rien n'(était) acquis pour toujours » et qu'« une mise en garde est d'actualité ». L'ancien ministre des Finances a appelé à l'unité, déplorant que des fossés se creusent entre l'Est et l'Ouest de l'Europe, et assuré que les Européens ne pourraient être pris au sérieux et jouer un rôle dans un monde qui change que s'ils sont unis.
Le président du Bundestag a par ailleurs regretté que l’UE « perde l’un de ses plus grands États membres » et que « des partenaires au sein de l’OTAN se comportent d’une manière dont les voix les plus critiques de l’OTAN n’auraient pas pu rêver ».
Quelques voix discordantes
Ces discours ont été suivis des interventions des représentants des groupes politiques. Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen, dont le pays assure actuellement la présidence du Conseil de l’UE, ont également pris la parole. La plupart ont à leur tour appelé à l'unité et à la défense de la démocratie européenne et des valeurs héritées de la réunification allemande et européenne.
Seuls Jörg Meuthen (Identité et démocratie, allemand) et Ryszard Legutko (CRE, polonais) ont pris le contre-pied de ces discours. M. Meuthen a dénoncé une instrumentalisation de cet événement historique. Prônant « un retour à une Union des nations souveraines », il a affirmé que « ce n'(était) pas pour l'UE que les manifestants de 1989 (avaient) pris autant de risques », mais pour une Allemagne unie. M. Legutko, quant à lui, a déploré que « l'esprit du communisme continue à survivre ». (Agathe Cherki - stage)