Les ministres des Finances de l’Union européenne ont manifesté un certain enthousiasme pour explorer des options de taxation de l’énergie comme solution de lutte contre le changement climatique, au cours d’une discussion très générale qui s’est tenue samedi 14 septembre à Helsinki, lors de la réunion informelle du Conseil ‘Ecofin’.
« Nous nous sommes accordés pour que la taxation de l’énergie puisse être utilisée pour soutenir l'accomplissement de nos objectifs climatiques et énergétiques. Je suis confiant dans le fait que le résultat de cette discussion puisse être pris en compte, si une décision de la directive sur la taxation de l’énergie devait être prise », a souligné Mika Lintilä, le ministre finlandais des Finances, lors de la conférence de presse faisant suite à la discussion.
Si cette affirmation témoigne d’une certaine confiance, pour le moment, aucune solution ou proposition concrète n’a émergé lors de ce débat qui faisait écho aux échanges de la veille sur le climat (EUROPE 12327/4). Ainsi, comme le reconnaît Valdis Dombrovskis, le commissaire chargé de l’Euro et du Dialogue social, « il y a tout un nombre de possibles solutions » dans ce cadre, options qui ont ici été abordées.
La taxation de l’aviation a assurément été celle qui a fait le plus parler d’elle. « Il est évident que le coût environnemental du transport aérien doit être mieux reflété dans le coût économique de ce mode de transport », avait d’ailleurs fait remarquer Bruno Le Maire, le ministre français des Finances, la veille. Cette idée a reçu le soutien de pays d’Europe du nord, mais les États insulaires, en particulier Malte et Chypre, qui dépendent en partie de l’aviation, sont beaucoup plus sceptiques. Cette dernière position n’est pas sans rappeler les négociations achevées en novembre dernier sur les pratiques anticoncurrentielles des compagnies aériennes issues des pays tiers (EUROPE 12142/14).
D’une manière plus générale, plusieurs États souhaitent que l’impact social de telle ou telle option soit considéré, quand d’autres délégations, à l’instar de l’Estonie, se sont montrées bien moins enthousiastes quant aux engagements climatiques à l’horizon 2050.
Dans tous les cas, l’évaluation de la directive sur la taxation énergétique de 2003 doit permettre d’envisager ou non une possible révision de ce texte (EUROPE 12326/20). Et M. Dombrovskis a tenu à affirmer que l’Union devrait « faire des progrès » sur le volet climatique au cours du mandat de la prochaine Commission européenne, dirigée par Ursula von der Leyen. (Lucas Tripoteau)