Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a reçu, lundi 16 septembre à Luxembourg, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, pour un déjeuner de travail qualifié par les deux hommes de « constructif » et « amical », mais qui, selon M. Juncker, n’a pas encore été l’occasion pour Londres de mettre des propositions concrètes sur la table pour un accord sur le Brexit.
À l’issue de ce déjeuner, auquel ont aussi participé le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, et le secrétaire d’État britannique au Brexit, Stephen Barclay, M. Juncker a en effet rappelé qu’il était de la « responsabilité du Royaume-Uni de venir avec des solutions juridiquement opérationnelles, compatibles avec l’accord de retrait ». Le président a répété également que la Commission était prête à travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et que le Conseil européen d’octobre serait crucial.
De son côté, le gouvernement britannique a fait savoir que le Premier ministre avait rappelé sa détermination à respecter l’Accord du Vendredi saint et à trouver un accord « sans le filet de sécurité » qui puisse être soutenu par le Parlement britannique. Le Premier ministre a aussi réitéré le fait qu’il ne demanderait pas d’extension de la période de l’Article 50. Les discussions s’intensifieront et se poursuivront sur base quotidienne, a encore commenté le service de presse.
Le déjeuner de travail avait pour objectif de faire le point sur les discussions techniques que mènent depuis plusieurs semaines les équipes européennes et britanniques à Bruxelles.
Mais cette visite luxembourgeoise a tourné au chaos pour M. Johnson, qui est parti plus tôt et n’a pas tenu la conférence de presse prévue aux côtés du Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, en raison des protestations extérieures particulièrement vigoureuses. Xavier Bettel a donc pris la parole seul, appelant principalement son homologue à « agir » et à éviter une sortie sans accord. Répétant la solidarité des Vingt-six avec l’Irlande, le Luxembourgeois a aussi demandé à Londres d’arrêter de rendre l'UE responsable du « bazar dans lequel on est en ce moment ». (Solenn Paulic)