En l'absence de signes de bonne volonté de la part de Washington quant à l'identification d'une solution négociée sur les litiges concernant les soutiens aux avionneurs Airbus et Boeing, Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, s'est inquiétée de la prochaine escalade commerciale transatlantique.
Le 13 septembre, le groupe spécial du système de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a arbitré le litige entre l’Union européenne et les États-Unis sur les soutiens accordés à l’avionneur européen Airbus, a transmis son rapport confidentiel aux parties.
Celles-ci ont environ deux semaines pour le revoir et commenter avant qu’il ne soit officiellement adopté et rendu public – et que soit révélé le montant des indemnités auxquelles peut prétendre Washington (EUROPE 12233/15, 12257/13, 12287/12).
Le panel devrait simultanément donner son aval à la liste des contre-mesures américaines.
Cependant, les parties à ce litige ayant toutes deux été épinglées par l’OMC pour leur soutien à leur avionneur respectif, c’est une solution négociée que recherchait l’UE.
« Nous avons proposé aux États-Unis d’essayer de conclure un accord », a confirmé Mme Malmström, dans une entrevue le 16 septembre, ajoutant qu’une « proposition assez détaillée » avait été transmise à Washington.
« Jusqu'à présent, malheureusement, les États-Unis n'ont pas indiqué qu'ils étaient disposés à négocier », a-t-elle cependant confirmé.
Plusieurs sources européennes ont déploré ce qui semble être la tactique « signature » du président Donald Trump, où la sanction tarifaire viendrait comme préalable systématique à la négociation.
De nouveaux droits douaniers pourraient donc frapper très vite des importations européennes.
Les relations commerciales transatlantiques pâtiront donc sans doute d’une nouvelle escalade tarifaire, la Commission européenne ayant prévenu que, son tour venu (dans environ six mois), elle relèverait également ses droits tarifaires sur base de sa propre liste (EUROPE 12238/1).
« J'espère sincèrement que nous n'aurons pas à l'utiliser », a insisté la commissaire libérale. (Hermine Donceel)