L’ambassadeur américain auprès de l’UE, Gordon Sondland, a expliqué, mardi 3 septembre, à un groupe de journalistes, dont EUROPE, que la visite du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, à Bruxelles, les 2 et 3 septembre, avait pour objectif de « réinitialiser les relations » transatlantiques.
Le secrétaire d’État s’est entretenu avec la future équipe dirigeante de l’UE : Charles Michel, prochain président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, présidente élue de la Commission européenne, Josep Borrell, qui devrait devenir Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, et David Sassoli, le nouveau président du Parlement européen.
Selon l’ambassadeur, ces rencontres ont permis d’avoir un premier contact afin que la relation soit déjà bien établie quand ils prendront leurs postes.
Une prise de contact positive, d’après le représentant américain, qui a qualifié les réunions d’« extrêmement chaleureuses et amicales ». Selon lui, il y a eu une « véritable alchimie » entre les quatre nouveaux dirigeants, M. Pompeo et lui-même et tout le monde était « très optimiste concernant l’avenir ». M. Sondland a ajouté que les nouveaux dirigeants européens avaient des vues proches de la vision américaine du monde.
Le représentant américain s’est montré confiant quant à un nouveau départ dans les relations transatlantiques. En effet, selon lui, les relations avec l’équipe actuelle, qui, regrette-t-il, s'est concentrée sur les tactiques plutôt que sur les résultats, ont atteint « de nombreuses impasses dans de multiples domaines, donnant lieu à beaucoup de conversations inconfortables et grincheuses ».
« Nous voulons supprimer les impasses et, parfois, pour faire cela, il faut changer les personnes sur le terrain », a souligné le représentant américain. Selon lui, changer les membres d’une équipe peut amener un changement de logique.
M. Sondland a estimé qu’Européens et Américains devraient identifier des sujets plus simples à régler en matière de commerce, sur la Chine, l’Iran, le Venezuela et la 5G, des domaines où des accords préliminaires pourraient être trouvés et créeraient de la confiance, avant de s’attaquer à des sujets plus compliqués.
La Chine pourrait être justement un des sujets de rapprochement entre les États-Unis et l’Europe. « Les quatre ont un grand scepticisme envers les tentatives de la Chine. Ils veulent une relation engagée et productive avec la Chine, mais en gardant les yeux ouverts », a expliqué M. Sondland, ajoutant que les différences entre Washington et Bruxelles concernant la Chine étaient beaucoup moins importantes qu’il y a deux ans.
M. Sondland regrette le déclassement du statut diplomatique de l'UE
Par ailleurs, l’ambassadeur a reconnu que la dégradation du statut de la délégation de l’UE aux États-Unis - depuis annulée - avait été une erreur, et qu’il s’en était excusé auprès de l’UE (EUROPE 12168/12, 12206/15). « Cela n’a pas été fait correctement et cela n’aurait jamais dû être fait », a-t-il estimé, ajoutant que l’erreur avait été corrigée. Il a ajouté avoir organisé des réunions à haut niveau avec le nouvel ambassadeur de l’UE à Washington, Stavros Lambrinidis, afin que celui-ci se sente bien accueilli. (Camille-Cerise Gessant)