La Présidence finlandaise du Conseil de l’UE va lancer une réflexion sur l’élargissement de la collecte de données PNR (passengers name records) aux transports autres que l'aérien, comme le train à grande vitesse ou le bateau, a indiqué, mercredi 4 septembre, la ministre finlandaise de l’Intérieur, Maria Ohisalo, aux eurodéputés de la commission des libertés civiles du Parlement européen.
Le Conseil de l’UE a récemment été saisi d’une note de réflexion sur l’extension du système PNR qui consiste à collecter les données des passagers aériens à des fins d’analyse pour prévenir le terrorisme.
Dans cette note du 25 juin, la Présidence souligne notamment la hausse du trafic de passagers vers et hors l'espace Schengen, l'augmentation du nombre de voyages transfrontaliers impliquant plus de crimes transfrontaliers et posant « un problème croissant aux autorités répressives nationales dans la lutte contre la criminalité ».
Alors que Birgit Sippel (S&D, allemande) faisait remarquer l’existence de problèmes dans certains États membres avec le PNR, la ministre a précisé que le « but n’est pas de faire une proposition tout de suite », mais juste de lancer le débat. De fait, la note souligne, d’après un questionnaire envoyé aux États membres, que, si dans l’ensemble ceux-ci sont ouverts à l’idée d’étendre le système PNR à d’autres moyens de transport, ils ne sont pas forcément prêts à le faire tout de suite, certains pays membres n’ayant même pas encore transposé la directive européenne concernant la collecte PNR dans le transport aérien.
Pour le reste, la ministre finlandaise, sans surprise, a beaucoup été interrogée sur le sort du 'paquet asile' et les intentions de la Présidence pour débloquer la réforme du règlement de Dublin. Les députés seront sans doute restés sur leur faim, la jeune ministre n’ayant fait aucune promesse, se contentant d'indiquer qu'elle fera avancer les choses dans un cadre plus global. Il est probable qu’avec la mise en place de la nouvelle Commission, les progrès en la matière ne pourront intervenir que sous les prochaines Présidences, a suggéré la ministre.
Tout en estimant évident qu’il faille « améliorer le système migratoire, améliorer la confiance entre les États membres et mieux connaître les limites des uns et des autres », la ministre a expliqué qu’il fallait privilégier le travail sur les « questions centrales de manière pragmatique » et moins se concentrer sur les « détails ». La Finlande « poussera aussi loin que possible » et « orientera les discussions pour créer les bases pour la prochaine Commission et la prochaine Présidence », a-t-elle ajouté.
Les autres priorités de la ministre seront la lutte contre le terrorisme, qui reste une menace, même si les attaques d’ampleur sont en baisse, et notamment, la volonté d'appréhender la dimension sociale du terrorisme avec les discriminations qui peuvent y mener. Il faudra aussi, non seulement s’attaquer au terrorisme djihadiste, mais aussi à celui de l’extrême droite.
Sur ce sujet du terrorisme, la poursuite des travaux sur le règlement sur le retrait des contenus radicaux en ligne sera une autre priorité.
Le développement de la 5G et le défi que cela pose pour l’accès aux données par les forces de police européennes constitueront un autre champ de travail de la Présidence. (Solenn Paulic)