Le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et son homologue allemand, Peter Altmaier, ont annoncé, mercredi 28 août, vouloir appliquer le modèle de l’Alliance de la batterie à l’intelligence artificielle afin de faire émerger un nouveau secteur européen capable d’être concurrentiel au niveau international.
En marge de l’université d’été du Medef, l’organisation patronale française, le ministre français a fait part de sa volonté de « refonder le dogme européen », notamment sur la libre concurrence « qui ne doit pas empêcher de faire émerger des champions européens », en référence au refus de la Commission européenne de l’acquisition d’Alstom par Siemens en début d’année (EUROPE 12188/1).
Dans ce contexte, les deux ministres veulent s’atteler à la réforme du droit européen des aides publiques. « Nous voyons bien que, pour affronter les défis des nouvelles technologies (...) nous avons besoin d’aides publiques, nous avons besoin d’apporter de l’argent public à des investissements privés qui, sinon, ne suffiront pas ».
« Nous avons fait ce choix-là avec l’Allemagne sur les batteries électriques ; grâce à ce choix, nous aurons une filière de batteries électriques indépendante. Et je viens de sortir d’un entretien avec Peter Altmaier : nous allons faire exactement la même chose sur l’intelligence artificielle », a déclaré le ministre français. La France et l’Allemagne devraient ainsi faire des propositions « dans les mois qui viennent », a-t-il fait savoir, pour investir massivement dans le stockage des données dans le champ de l’intelligence artificielle.
Les deux pays veulent ainsi rattraper le retard de l’Europe dans le domaine de l’intelligence artificielle face à la Chine et aux États-Unis et comptent s’appuyer sur le marché intérieur de l’Union européenne pour faire émerger un « nouvel Airbus de l’IA », selon les termes du ministre Altmaier.
Déjà les États membres de l’Union européenne, avec la bénédiction de la Commission européenne, sonnent actuellement le branle-bas de combat pour faire émerger un vaste secteur européen dans le domaine de la batterie pour permettre l’essor d’une électromobilité européenne (EUROPE 12233/23). (Pascal Hansens)