Alors qu’une réunion à Paris, lundi 22 juillet, entre ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères de l‘UE tentera de faire avancer les travaux sur un système de débarquement temporaire de migrants, avec à la clef une possible nouvelle implication de l’Italie dans l’opération navale Sophia, le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, a encore fait part de son opposition à ce stade et n'a pas pu s'y rallier, jeudi 18 juillet à Helsinki, lors d'une réunion informelle des ministres.
L'Italie et d'autres pays « contestent l’idée d’un premier port d’escale sûr pour les migrants et imaginent que la redistribution des seuls réfugiés ne laisse que les migrants illégaux, difficiles à expulser, aux premiers pays d’arrivée », a affirmé l'Italien dans un communiqué.
Jeudi, en Finlande, plusieurs propositions franco-allemandes avaient en effet alimenté la discussion (EUROPE 12299/1). Toujours sur la table, elles visent à rassembler lundi, à Paris, une quinzaine de pays, dont l'Italie, si possible.
Reprises dans un document provisoire vu par EUROPE, ces propositions sont appelées à évoluer. Elles proposent à ce stade à l’ensemble des États membres de : - mettre en place un mécanisme de solidarité temporaire plus prévisible et efficace afin d'assurer le débarquement rapide et dans la dignité des migrants secourus en mer par des navires de sauvetage privés dans le port sûr le plus proche ; - contribuer jusqu'en octobre 2019 (ou fin 2019), dans chaque cas, à l'accueil de demandeurs d'asile sauvés en haute mer par des navires de sauvetage privés en Méditerranée en participant au programme de relocalisation coordonné par la Commission européenne pour les débarquements dans les ports des États membres de l'UE ; - utiliser un système accéléré d'asile pour les réfugiés et de retour des migrants illégaux comprenant au moins l'enregistrement et le contrôle de sécurité de tous les migrants ; - transférer aussi vite que possible dans les autres États membres les personnes demandant la protection internationale et garantir le retour effectif et rapide des personnes non éligibles à la protection internationale.
Le projet prévoit aussi des règles à suivre pour les ONG : - tous les navires de sauvetage privés engagés dans des opérations de recherche et de sauvetage de migrants devront respecter les instructions données par le centre de coordination des opérations de sauvetage maritime compétent ; - ne pas éteindre les transpondeurs de bord ; - ne pas envoyer de signaux lumineux ni toute autre forme de communication. Les ONG ne devront pas non plus entraver les opérations de recherche et de sauvetage menées par les navires officiels.
Il faudra aussi poursuivre les efforts en vue d'une réforme durable du régime européen commun d'asile, y compris du règlement dit 'de Dublin', en tenant compte des personnes débarquées à la suite de la recherche et des opérations de sauvetage.
L’Italie n’a pas entièrement rejeté ces propositions, mais elle veut s’assurer que les débarquements ne se feront pas automatiquement dans les ports les plus proches, qui impliquent directement l’Italie et Malte.
« Je ne signerai jamais un document qui prévoit qu'ils arriveront tous chez moi », a déclaré jeudi M. Salvini.
Voir le projet de document : http://bit.ly/2Y7G9Fi (Solenn Paulic)