Les ministres de la Justice de l’UE ont discuté, vendredi 19 juillet à Helsinki, des alternatives à la détention et de l’amélioration des conditions carcérales, alors que les conditions en prison et le problème de surpopulation dans les maisons d'arrêt des États membres peuvent poser un problème de confiance à leurs partenaires, comme le souligne la Présidence finlandaise dans une note de préparation.
À l’issue de la réunion, la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, a évoqué un débat très concret entre les ministres. Soulignant que seulement 50% des peines de moins de 3 ans en Europe sont effectuées en prison, la possibilité existe d'utiliser des méthodes alternatives comme les peines financières, les travaux d'intérêt général ou encore l'utilisation accrue des technologies numériques pour permettre des sorties de prison anticipées, a-t-elle estimé.
Et, selon la commissaire, des études montrent que les méthodes alternatives « aident à revenir à une vie normale » et font aussi « baisser les taux de récidive ».
Ce n’est pas la première fois que les ministres se penchent sur ce sujet sensible des alternatives à l’emprisonnement. S’il s’agit, pour les infractions graves, de continuer à considérer la détention comme « un instrument nécessaire dans un système de sanctions pénales », la détention devrait « cependant être utilisée en dernier recours et les sanctions pénales utilisées devraient être à la fois efficaces et proportionnées », écrit la présidence finlandaise dans sa note.
Le but de ce débat ministériel était de demander aux ministres leur avis et, notamment, s’ils étaient d’accord sur la réduction du recours à l’emprisonnement. La Finlande leur demandait aussi s’il serait opportun de donner plus de capacités à la Commission, ainsi qu’au Conseil de l’Europe, afin d'identifier les obstacles entre États membres pour ce qui est de la confiance mutuelle. (Solenn Paulic avec Marion Fontana)