Plus de 400 000 décès prématurés par an dans l'UE, des maladies respiratoires graves, des milliards d'euros de pertes économiques à cause de la pollution atmosphérique, c'est inacceptable ; c'est pourquoi la qualité de l'air restera une question très importante pour le Conseil, a assuré la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen, aux députés européens, mercredi 17 juillet au soir.
Il s'agit d'aller au-delà des progrès réalisés jusqu'ici grâce à la législation de l'UE, a-t-elle indiqué lors d'un débat sur la qualité de l'air en zone urbaine. Cet objectif a rencontré les préoccupations des rares députés présents dans l'hémicycle.
« La Présidence finlandaise attache une grande importance à la protection de la qualité de l’air et à l’amélioration des performances environnementales des véhicules. » Partant, elle juge « crucial » de poursuivre l’application obligatoire des tests en conditions réelles de conduite et non en laboratoire. Elle a exprimé l'espoir d'un accord rapide entre le Parlement et le Conseil sur les facteurs de conformité « pour assurer une certitude juridique à toutes les parties concernées ».
Estimant qu'il est de « la plus haute importance de garantir la mise en œuvre des normes de qualité de l'air par toutes les parties », elle a rappelé la persistance de non-conformité pour certains polluants principaux, raison pour laquelle le Conseil attend avec impatience l'achèvement du 'bilan de santé' de la directive 'Qualité de l'air ambiant' par la Commission.
Et d'ajouter : « la qualité de l'air en ville a un impact sur la qualité de vie de chacun de nous. Compte tenu des dépassements de plafonds nationaux d'émission dans un certain nombre de villes, on doit tous travailler au niveau national pour assurer une meilleure santé à tous les citoyens. »
Insistant sur le lien étroit entre pollution de l'air et changement climatique, elle a souligné que des mesures peuvent s'attaquer aux deux problèmes à la fois. Et de citer l'exemple du secteur des transports, qui est le plus gros émetteur de carbone noir, lequel accélère le réchauffement de l'Arctique.
La ministre a rendu hommage aux avancées récentes du Conseil et du Parlement précédent, à savoir : - la directive sur l’interopérabilité des systèmes de télépéage (EUROPE 12206/29) qui, à terme, pourrait couvrir les zones à faibles émissions après la réévaluation de la directive en 2023 ; - la directive sur les véhicules propres, qui pourra à la fois permettre de réduire les émissions polluantes dans les villes et contribuer à la réalisation des objectifs climatiques de l'UE ; - la législation climatique sur les normes d'émission des véhicules lourds, voitures particulières et camionnettes neuves.
« Les taux de pollution de l’air sont toujours trop élevés, les législations encore imparfaitement appliquées par les États membres, l’encouragement au changement de comportement des personnes insuffisamment accompagné », a souligné Nathalie Colin-Oesterle (S&D, française), estimant que « la précarité énergétique, notamment en matière de chauffage, et la climatisation sont des sujets essentiels à cet égard». Peter Liese (PPE, allemand), a estimé qu'il convient de rendre l'industrie automobile plus responsable, d'introduire une norme Euro 7 et d'être plus strict avec le transport maritime, « pas seulement pour le CO2». Karima Delli (Verts/ALE, française) a lancé : « Il y a encore 40 000 véhicules poubelles sur nos routes, qu’attendez-vous pour les rappeler ? »
En matière de qualité de l'air, « la Commission a fait sa part », a déclaré le commissaire Kristos Stylianides, expliquant qu'elle a mené une action résolue fondée sur : - le soutien aux États membres (2 milliards € ont été alloués à des mesures de qualité de l'air) ; - la réglementation des émissions à la source ; - des mesures d'application de la législation : 30 procédures d'infraction sont en cours contre 20 pays de l'UE pour dépassement des valeurs limites de polluants. La Commission apporte aussi son soutien aux villes et travaille avec les autorités locales pour identifier « les meilleures pratiques, comme les zones à basses émissions et les mesures de restriction du trafic. » (Aminata Niang)