La Présidence finlandaise du Conseil de l’UE fait du renforcement de la résilience face aux menaces hybrides et cybernétiques une de ses priorités.
« Nous devons être prêts à relever le défi à long terme de l'évolution rapide des menaces hybrides », souligne ainsi la Présidence dans son programme, rappelant le danger que de telles menaces font peser sur l’UE. « Dans ce contexte, nous mettrons tout particulièrement l'accent sur le renforcement des capacités de l'UE en matière de lutte contre les menaces hybrides et de renforcement de la résilience au niveau tant de l'UE que des États membres », prévient la Finlande. Pour répondre aux défis posés par ces menaces, les États membres et l’UE doivent agir « ensemble de manière structurée et coordonnée ».
Selon la présidence, « il est important de veiller à ce que nous disposions de la structure organisationnelle appropriée pour atteindre les objectifs politiques fixés par le Conseil européen » (EUROPE 12120/5). « Ensemble, nous devons développer davantage les mécanismes et les outils institutionnels. Il est également essentiel de continuer à développer les partenariats, en particulier la coopération UE-OTAN », ajoute-t-elle, alors que la Finlande abrite le Centre d'excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides (EUROPE 12284/8). « Afin de développer notre prise de conscience et notre résilience face aux menaces hybrides, la Présidence finlandaise organisera des discussions politiques basées sur des scénarios à différents niveaux », ajoute le document.
Helsinki estime également que si la technologie 5G offre d'immenses possibilités nouvelles, elle exige que l'on mette davantage l'accent sur la cybersécurité. « Afin d'améliorer la cybersécurité des infrastructures critiques, une action commune de l'UE est également nécessaire », plaide la présidence, qui va promouvoir les connaissances et les capacités sur ce sujet. Selon elle, l'UE doit également lutter contre les tentatives d'exercer une influence hostile, prévenir les conflits, réduire les risques de cybersécurité et promouvoir la stabilité dans les relations internationales.
Dans un « environnement géopolitique difficile », l'UE doit faire davantage pour renforcer la coopération européenne en matière de sécurité et de défense afin de protéger ses citoyens et de renforcer son rôle de fournisseur de sécurité.
Le programme de travail rappelle les progrès réalisés ces dernières années - coopération structurée permanente (PESCO), Fonds européen de défense (FED), examen annuel coordonné de la défense (CARD) et Capacité de planification et de conduite militaires (CPPM) – et précise que la Présidence veut garantir une mise en œuvre efficace des objectifs existants et poursuivre un débat stratégique actif sur la sécurité et la défense au sein de l'UE. En parallèle, la Finlande, pays neutre, plaide pour le renforcement de la coopération entre l’UE et l’Alliance.
La Finlande veut également encourager une discussion sur l'intelligence artificielle et la numérisation « en vue de développer les capacités de demain ». « Le potentiel économique de la numérisation et des applications de l'intelligence artificielle devrait être énorme et les Européens doivent être les premiers à tirer parti de ces évolutions », plaide-t-elle. (Camille-Cerise Gessant)