Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a répété, mercredi 8 mai, que la décision européenne de donner ou non son accord à l’ouverture de négociations avec l’Albanie ne dépendait pas que de son pays.
La Commission doit présenter, le 29 mai, les rapports de progrès des pays de l’élargissement, et le Conseil européen devrait se prononcer sur l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Albanie, mais aussi de la Macédoine du Nord, fin juin.
« J’ai conscience que la décision dépend de nous comme elle dépend de facteurs qui vont au-delà de nous. Mais il est grand temps […] d’ouvrir les négociations d’adhésion », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse avec la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à Tirana. Il a rappelé que l’an dernier, la Commission avait déjà recommandé l’ouverture des négociations. « Nous avions mérité l’ouverture des négociations déjà l’an dernier », a souligné M. Rama.
Mme Mogherini a estimé que l’ouverture des négociations en juin était « un objectif atteignable », rappelant les importants progrès du pays notamment dans la réforme de la justice, la réduction de la culture du cannabis et la lutte contre la criminalité organisée.
Mais la Haute Représentante n’a pas non plus omis qu’il ne s’agissait pas d’une tâche facile et que cela n’allait « pas de soi, car […] chacun de nos États membres doit être pleinement convaincu ».
« Les opinions publiques doivent être pleinement associées et chaque État membre a son propre processus décisionnel en la matière. C'est [...] notre objectif commun d'utiliser les semaines à venir pour faire en sorte que les orientations, tant dans les opinions publiques que dans les processus décisionnels des États membres, reconnaissent les résultats obtenus », a-t-elle prévenu. Elle a donc encouragé les Albanais à « tendre la main » à leurs homologues dans les États membres « pour renforcer la confiance dans votre pays, l'image de votre pays et dans notre avenir commun ». Selon la Haute Représentante, 92 % des Albanais veulent que leur pays adhère à l’UE.
Mme Mogherini a profité de l’occasion pour appeler à l’unité des partis politiques sur la question européenne, alors que le conflit se poursuit au sein du Parlement. « Les citoyens ne devraient pas être privés d'options politiques lors des prochaines élections locales », a-t-elle aussi affirmé. (Camille-Cerise Gessant)