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Bulletin Quotidien Europe N° 12227
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POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

La moitié des produits chimiques évalués dans le cadre de REACH sont utilisés alors qu'ils ne sont pas sûrs, avertit le BEE

Près de la moitié des produits chimiques évalués dans le cadre du règlement REACH ne sont pas sûrs, s'agissant de leur utilisation commerciale actuelle, et pour deux tiers des substances dangereuses, aucun contrôle n'est effectué, selon une étude publiée par le Bureau européen de l'environnement (BEE) mardi 2 avril. Cette étude se fonde sur les rapports officiels des autorités nationales. 

Sur quelque 22 000 produits chimiques enregistrés au titre de REACH pour faire l’objet d’une évaluation de leur sécurité avant de pouvoir être utilisés, les autorités nationales ont accordé la priorité à 352 d’entre eux pour les soumettre à des évaluations de sécurité approfondies. 

Sur les 94 substances dûment évaluées à ce jour, 49 % (46 substances) se révèlent à risque dans leur utilisation commerciale actuelle. Les autorités ont estimé que ces substances présentaient un danger pour la santé ou l'environnement en raison de leurs propriétés (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques par exemple) et de leur utilisation, y compris dans les biens de consommation. 

Les autorités ont conclu que des mesures règlementaires de protection étaient requises dans tous les cas. Pourtant, les rapports officiels montrent qu'aucune mesure n'a été prise pour contrôler 74 % des substances problématiques (34 sur 46) depuis 2012. Résultat : l'industrie est autorisée à utiliser des millions de tonnes de ces 46 substances chaque année, exposant les citoyens à des risques potentiellement graves pour leur santé, et l'environnement à une pollution majeure. 

Données non fiables et manque de ressources. Les données non fiables fournies par l'industrie pour près de deux tiers des substances prioritaires en sont principalement la cause, mais le manque de ressources des autorités nationales a également été invoqué par les autorités auprès du BEE pour expliquer cette situation. 

Une précédente étude réalisée par l’Agence fédérale allemande pour l’environnement (UBA) et l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (Bfr), et rendue publique par le BEE en octobre 2018, avait révélé que près d’un tiers des produits chimiques potentiellement dangereux pour la santé humaine avaient pu être commercialisés depuis 2010 dans l’UE au mépris des exigences du règlement REACH (EUROPE 12116/5). (Aminata Niang)

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