Le commissaire européen aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a annoncé, jeudi 28 mars depuis Sarajevo, qu’il espérait présenter l’avis de la Commission européenne sur la candidature de la Bosnie-Herzégovine à l’adhésion à l’Union européenne d’ici fin mai.
L'avis de la Commission se fondera, en partie, sur les réponses rendues par Sarajevo au questionnaire envoyé en deux temps : - un premier ensemble de 3 400 questions (EUROPE 11971/8) ; - 600 questions supplémentaires, dont 22 sont toujours sans réponse (EUROPE 12206/14).
« Mon intention est de présenter un avis d’ici à fin mai à condition qu’il y ait un gouvernement en place au niveau national, mais aussi au niveau de la fédération. Car nous avons besoin d'avoir les interlocuteurs qui peuvent faire un suivi de tout cela », a-t-il expliqué devant la presse.
M. Hahn a appelé une nouvelle fois à la poursuite des réformes, notamment économiques et sociales, mais également environnementales. Il a aussi mis l’accent sur la réforme du secteur judiciaire, annonçant la venue, dans les prochains jours, d'un expert en la matière : Reinhard Priebe, directeur à la Commission.
M. Priebe aura pour mission de faire des recommandations pour améliorer le système judiciaire, comme il l’a déjà fait en Macédoine du Nord (EUROPE 11864/15) et en Albanie.
M. Hahn a par ailleurs demandé au gouvernement bosnien de s’occuper, de manière urgente, de la désignation d’un point de contact dans le pays pour Europol.
« Ce n’est pas un problème, mais nous attendons depuis deux ans », a fait remarquer le commissaire. Selon lui, le fait de ne pas être capable de nommer quelqu’un depuis deux ans est « emblématique » de l'incapacité des autorités à se mettre d’accord et à mettre en œuvre ce qui a été décidé.
Rencontré quelques minutes plus tôt par un trio de médias européens dont EUROPE, le ministre bosnien du Commerce extérieur et des Relations économiques, Mirko Šarović, a plaidé la cause de son pays, tout en reconnaissant le travail qu’il reste à faire.
« La Bosnie-Herzégovine et les Balkans occidentaux devraient faire partie de l’UE en raison des progrès évidents qu’ils font », a-t-il estimé, soulignant l'impact de la reconnaissance de tels progrès en termes de sécurité. Il a souhaité que les pays des Balkans occidentaux concernés adhèrent ensemble à l’UE et non les uns après les autres.
« Laisser la Bosnie-Herzégovine en marge peut toujours présenter un danger, pour elle-même et pour la région, car elle est tellement fragile en tant qu’État », a prévenu M. Šarović, précisant que son pays ne voulait pas être un problème au sein de l’UE.
Selon le ministre, les huit années à venir, sans élection dans le pays, vont permettre à ce dernier de progresser sur la voie européenne. « Huit ans de pur dévouement » s'ouvrent à nous pour développer un programme politique européen et harmoniser les normes du pays avec celle de l’Union, a-t-il considéré. (Camille-Cerise Gessant)