Les eurodéputés tiennent bon : après une résolution non législative adoptée par l'ensemble du Parlement européen en novembre, c'est maintenant au tour de la commission 'culture et éducation' de réclamer, mercredi 20 février, le triplement des fonds Erasmus pour 2021-2027 (EUROPE 12137).
La commission parlementaire appelle en effet à mobiliser 46,7 milliards d'euros pour ce programme, contre les 30 milliards proposés par la Commission et soutenus par le Conseil (EUROPE 12030). Elle introduit par ailleurs une clé de répartition pour les trois domaines d’action du programme (éducation et formation, jeunesse et sport), qui se rapproche de celle adoptée par les États membres (EUROPE 12143).
Le projet de rapport, préparé par Milan Zver (PPE, slovène), constitue la position de négociation du Parlement européen sur le règlement sectoriel Erasmus, dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel. Il a été adopté par 28 voix pour et 1 contre. Il s'accompagne d'une déclaration indiquant que le Parlement européen se réserve le droit de réexaminer sa position si l'enveloppe financière d'Erasmus venait à être inférieure au montant qu'il a adopté.
Principaux changements
Les députés conservent les trois domaines d’action du programme, en prévoyant la clé de répartition suivante : 83 % pour l'éducation et la formation, 10,3 % pour la jeunesse, 2 % pour le sport et 3,2 % pour couvrir les coûts opérationnels.
Les changements les plus importants portent notamment sur le public cible : les députés élargissent la définition des 'étudiants de l'enseignement supérieur' et des 'apprenants de l’enseignement et de la formation professionnels' en incluant toute personne ayant obtenu un diplôme d'un tel établissement « au cours des 24 mois précédents ». Ils font aussi référence au programme DiscoverEU en affirmant que « les jeunes de 18 à 20 ans », en particulier ceux qui ont moins d'opportunités, devraient avoir la possibilité de vivre une première expérience individuelle ou de groupe à court terme et de voyager à travers l'Europe.
Ils appellent aussi la Commission européenne à élaborer, au plus tard le 31 décembre 2021, une carte d’étudiant européenne pour tous les étudiants qui participent au programme et à mettre cette carte à la disposition de tous les étudiants de l'Union au plus tard le 31 décembre 2025.
Pour le reste, la position du Parlement insiste sur l'importance de rendre le programme accessible aux personnes ayant moins de moyens. Elle précise que les niveaux de soutien financier doivent être régulièrement réexaminés et ajustés aux coûts de la vie et de subsistance du pays ou de la région d'accueil, sur la base des chiffres d'Eurostat, et que cet ajustement devrait tenir dûment compte des frais de voyage à destination et en provenance du pays ou de la région d’accueil.
À noter aussi l'importance de ne soutenir que des actions et des activités qui offrent une « valeur ajoutée européenne potentielle ». (Sophie Petitjean)