Alors que les élections européennes approchent, plusieurs commissaires européens ont d’ores et déjà annoncé ce qu’ils prévoyaient de faire une fois leur mandat arrivé à son terme, en novembre 2019, laissant apparaître des projets variés.
L'actuel président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a annoncé, il y a déjà plus de deux ans, qu’il ne chercherait pas à obtenir un deuxième mandat de président. Selon Politico, il aurait pour projet, du moins dans un premier temps, de passer du temps avec sa famille au Luxembourg.
Suivant les résultats des élections européennes de mai prochain, il pourrait être remplacé par son premier vice-président, Frans Timmermans, ce dernier ayant été désigné tête de liste (Spitzenkandidat) par le Parti socialiste européen, avec l’ambition de le hisser à la tête de l’exécutif de l’UE.
Les vice-présidents Andrus Ansip et Valdis Dombrovskis, ainsi que la commissaire Corina Creţu, sont, eux, candidats aux élections européennes. M. Dombrovskis a cependant annoncé le 1er février qu’il ne serait pas opposé à un second mandat en tant que commissaire.
Même s’ils n’ont encore fait aucune déclaration officielle, d’autres commissaires souhaiteraient également renouveler leur mandat. Selon Politico, Johannes Hahn aimerait ainsi s'occuper de politique économique plutôt que de la Politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement. De son côté, Phil Hogan, dont il se murmurait qu'il convoitait le portefeuille du Commerce, désirerait en réalité remplir un second mandat en tant que commissaire à l'Agriculture. Enfin, Margrethe Vestager aurait confié à Politico, le 5 octobre 2018, qu’elle avait clairement exprimé au gouvernement danois son souhait de conserver son poste de commissaire à la Concurrence, même si son parti est dans l’opposition au Danemark.
Toujours selon Politico, Věra Jourová et Mariya Gabriel pourraient, elles aussi, chercher à obtenir un nouveau mandat de commissaire. Le gouvernement tchèque aurait d’ailleurs dit à Mme Jourová qu’elle pourrait rester à Bruxelles, si elle le voulait. Sa décision devrait être annoncée en juin ou juillet.
Le vice-président Maroš Šefčovič et le commissaire Vytenis Andriukaitis ont, pour leur part, annoncé, respectivement le 18 janvier et le 15 février, leur candidature officielle aux élections présidentielles, le premier en Slovaquie et le second en Lituanie.
Les projets de la vice-présidente Federica Mogherini et du commissaire Pierre Moscovici demeurent, par contre, assez flous. Même si Mme Mogherini avait annoncé, lundi 3 septembre, qu’elle ne souhaitait pas obtenir un nouveau mandat au poste de Haute Représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, ce qui serait de toute façon peu probable en raison de l'orientation du gouvernement italien actuel, elle aurait déclaré à ses collaborateurs vouloir continuer à travailler dans le domaine de la politique étrangère.
Du côté de M. Moscovici, alors qu’il était régulièrement annoncé à la Cour des comptes française en remplacement de Didier Migaud, lui-même pressenti au Conseil constitutionnel français, cette possibilité semble compromise depuis la nomination surprise d’Alain Juppé au Conseil constitutionnel, au détriment de M. Migaud. Dans un entretien accordé à FranceTV, le 15 février, M. Moscovici a assuré qu’il n’est pas « candidat à quelque poste que ce soit, si ce n’est à servir […] mon pays et servir l’Europe ».
Enfin, tout comme M. Juncker, certains commissaires auraient l’intention de se retirer de la vie politique. Selon Politico, Günther Oettinger serait ainsi à la recherche d’opportunités dans le secteur privé, Jyrki Katainen retournerait en Finlande, où sa femme briguera un siège au Parlement lors des élections d'avril, et Miguel Arias Cañete aurait hâte de passer du temps avec ses petits-enfants. Marianne Thyssen avait de son côté annoncé officiellement, le 12 juillet 2018, qu’elle quitterait la vie politique active à l’issue de son mandat. (Damien Genicot - stage)