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Bulletin Quotidien Europe N° 12198
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Les États membres marquent leur préférence pour le Français Jean-François Bohnert à la tête du Parquet européen

C’est finalement sur le candidat français, Jean-François Bohnert, que les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE (Coreper) ont porté leur choix, mercredi 20 février, pour prendre la tête du Parquet européen, a confirmé une source diplomatique à EUROPE. 

Actuellement procureur général à Reims et représentant adjoint de la France auprès d’Eurojust de 2003 à 2007, le Français est arrivé largement en tête avec 50 points, tandis que la candidate roumaine, Laura Codruţa Kövesi, et le candidat allemand, Andrés Ritter, ont fini ex aequo avec chacun 29 points. 

Seuls les 22 pays qui participent à la coopération renforcée ont pris part au vote, qui s’est tenu à bulletin secret. Chaque pays disposait d'un total de six points et pouvait attribuer trois points, deux points ou un point aux différents candidats. À noter que les pays pouvaient aussi décider stratégiquement de ne pas attribuer tous leurs points. 

Le classement du Conseil diffère donc de celui établi par le Comité de sélection, début février, qui plaçait Mme Kövesi en tête, suivie de M. Bohnert, puis de M. Ritter (EUROPE 12093). La Roumanie, qui tient actuellement la présidence du Conseil de l'UE, n'a pas caché son opposition à la candidature de Mme Kövesi, qu'elle a d'ailleurs discréditée dans une lettre envoyée aux autres États membres (EUROPE 12193). 

Il ne s’agit que d’un « vote interne et indicatif » pour permettre aux ambassadeurs du trio des prochaines Présidences du Conseil de l’UE, à savoir la Finlande, la Croatie et le Portugal – l’Allemagne ayant été exclue puisqu’elle a aussi un candidat - d’aller négocier avec le Parlement européen, a rappelé une source européenne. 

Les colégislateurs ont en effet jusqu'à la fin du mois de mars pour nommer d'un commun accord le tout premier chef du Parquet européen, qui sera opérationnel en 2020. 

Le PE procèdera, la semaine prochaine, à des auditions en commission parlementaire des candidats, avant d'arrêter lui aussi son classement. 

Si les députés choisissent aussi le candidat français, la procédure pourrait aller très vite. Dans le cas contraire, une des deux institutions pourrait être amenée à revoter et réviser son classement. Les secondes places et l'écart de points pourront ainsi s'avérer être des instruments de négociation puissants. (Marion Fontana)

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