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Bulletin Quotidien Europe N° 12197
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Uem

Mário Centeno voit dans la future capacité budgétaire de la zone euro « un changement majeur » dans l’histoire de la monnaie unique

Mário Centeno, le président de l’Eurogroupe, a affirmé, mardi 19 février, que la future capacité budgétaire de la zone euro serait « un élément clef » de l'avenir de la monnaie unique, lors d’un débat sur les vingt ans de l’introduction de l'euro, organisé dans le cadre de la semaine parlementaire européenne 2019 au Parlement européen. 

Cet échange a permis aux intervenants de formuler des observations quant à l’avenir de l’Union économique et monétaire (UEM), alors que les travaux à l’Eurogroupe sur ces problématiques - en particulier concernant la mise sur pied d’une capacité budgétaire pour la zone euro - se poursuivent sur la base d’un mandat octroyé par le sommet de la zone euro de décembre (EUROPE 12192, 12160). 

Les discussions sur la future capacité budgétaire de la zone euro sont aujourd’hui articulées autour de trois problématiques : l’origine des fonds alimentant cet instrument, ce qu’il va financer et la gouvernance. 

Sur le deuxième point, M. Centeno a considéré que « cela aurait du sens de soutenir collectivement des réformes politiques encourageant la croissance, qui augmentent la productivité et facilitent une rapide réallocation des ressources – du capital et du travail – dans la zone euro ». 

Entre les tenants d’un soutien à la mise en œuvre de réformes structurelles et ceux souhaitant stimuler l’investissement public, M. Centeno ne tranche pas, en estimant que la capacité budgétaire devra servir ces deux objectifs. 

Si les ministres des Finances européens doivent faire une proposition quant à l’architecture de cette future capacité budgétaire en juin, les divergences d’appréciation ne rendent pas cette tâche aisée, a rappelé Pierre Moscovici, le commissaire chargé des Affaires économiques et financières. 

« Nous sommes parvenus à un accord de principe sur l'instrument, mais nous sommes loin de nous mettre d'accord sur les modalités », a-t-il ainsi affirmé, avant d’ajouter qu’il consacrerait « toute [son] énergie » pour que des progrès puissent être attestés lors de la réunion du Conseil européen de juin. 

Eu égard à cet instrument précis ou aux autres réformes, M. Moscovici a ainsi rappelé que « le renforcement de l’Union économique et monétaire doit rester notre absolue priorité ». 

Roberto Gualtieri (S&D, italien), président de la commission ‘affaires économiques et monétaires’ du Parlement européen, a salué le fait qu'« enfin, le sujet soit au centre des travaux de l’Eurogroupe ». 

Il a néanmoins critiqué à plusieurs égards l’approche envisagée par certaines délégations nationales à l’Eurogroupe sur ce sujet et partagé la position du PE, pour qui le futur instrument « doit faire partie du budget de l’Union et, donc, être soumis aux procédures budgétaires ». 

« On a besoin d’une fonction de convergence, mais aussi de stabilisation », a ajouté M. Gualtieri, dans un propos en ligne avec la proposition initiale de la Commission (EUROPE 12031). 

Néanmoins, les travaux en commission des affaires économiques et monétaires sur la capacité budgétaire sont proches d'un échec. La faute, selon certains experts, à la volonté de Pervenche Berès (S&D, française), corapporteur sur ce dossier, d'instaurer une fonction d'assurance-chômage. Le groupe PPE n'a pas nommé de remplaçant à l'Allemand Reimer Böge, qui a démissionné de sa fonction de corapporteur (EUROPE 12187). (Lucas Tripoteau)

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