La situation de l’État de droit et du respect des valeurs européennes en Hongrie a été débattue, mardi 19 février, par les ministres des Affaires européennes, le jour même où une campagne de panneaux lancée dans le pays et visant Jean-Claude Juncker et sa supposée politique pro-immigration a fait polémique (voir autre nouvelle). Douze États membres ont pris la parole lors de cet état des lieux.
Le premier vice-président, Frans Timmermans, avait d’abord pris soin de revenir sur les différentes procédures d’infraction lancées contre la Hongrie, notamment celles à propos de l’Université d’Europe centrale. Le responsable européen a aussi mentionné cette campagne contre le président Juncker qu’il estime, comme certaines délégations, dont l’Allemagne, être de la pure « désinformation », a-t-il dit en conférence de presse.
La Belgique, avec son ministre Didier Reynders, aurait aussi commenté cette campagne, selon une source.
Plusieurs pays ont, en tout cas, posé la question de la suite à donner à cette procédure 'article 7' contre la Hongrie, lancée par le PE en septembre dernier. Ils ont évoqué la possibilité d’organiser une audition de Budapest dans un futur proche, et pas forcément au prochain Conseil, ou de faire venir des experts extérieurs, éventuellement ceux du Conseil de l’Europe et de sa commission de Venise. Mais faire venir des experts extérieurs au Conseil soulève des questions de faisabilité juridique et, selon une source, la Hongrie ne s’est pas privée de le souligner mardi. D’autres sources soulèvent aussi le risque que cette audition, en temps de campagne électorale pour les européennes, soit instrumentalisée à mauvais escient.
Le gouvernement hongrois, pour sa part, a demandé mardi aux ministres d’attendre d’abord le jugement de la Cour de justice sur le vote du PE de septembre dernier ayant déclenché la procédure 'article 7' et a vigoureusement contesté ladite procédure qu’il estime infondée, demandant un peu ironiquement, selon une source, un traitement équitable. Cela, le jour même où plusieurs responsables européens ont critiqué Budapest pour avoir diffusé de fausses informations sur les politiques migratoires de la Commission. Le prochain Conseil 'Affaires générales' aura lieu le 19 mars et son ordre du jour sera à préciser dans les prochains jours. (Solenn Paulic)