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Bulletin Quotidien Europe N° 12168
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Une solution enfin trouvée pour répartir dans l'UE les derniers migrants secourus par des ONG

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a confirmé, mercredi 9 janvier, la disponibilité de son pays à faire accoster les deux navires de deux ONG allemandes - le Sea-Watch 3 et le Prof Albrecht Penck - au bord desquels se trouvaient encore, la veille, 49 migrants, qui ont pu depuis être débarqués, après être restés plus de deux semaines à bord. 

Ce geste, confirmé un peu plus tard dans la journée par le commissaire européen chargé des Migrations, Dimitris Avramopoulos, a pu être fait par les autorités maltaises après que 8 États membres leur ont confirmé par écrit leur accord pour relocaliser sur leur territoire une partie de ces migrants. 

Comme EUROPE l’avait indiqué le 8 janvier (EUROPE 12167), la France, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, l’Irlande, l’Italie et la Roumanie ont confirmé à Malte qu’ils pourraient relocaliser certaines personnes en provenance de ces deux bateaux, mais aussi certaines parmi les 249 personnes que la marine maltaise avait aussi sauvées la semaine dernière et que la petite île avait déjà fait débarquer sur son sol. 

En ce qui concerne les personnes ciblées, le Premier ministre maltais a expliqué que sur ces 249 personnes déjà présentes, 131 seront relocalisées dans d’autres États membres, tout comme les 49 personnes débarquées mercredi. 44 personnes originaires du Bangladesh seront, elles, rapatriées vers leur pays, a-t-il aussi annoncé. Le commissaire Avramopoulos a également annoncé, mercredi à la mi-journée, que l’agence Frontex pourrait envoyer du personnel en soutien aux États membres pour les aider à renvoyer dans leur pays toutes les personnes secourues qui, après examen de leur profil, ne pourront pas prétendre à la protection dans ces États membres. 

Selon les données disponibles, sur le total des personnes concernées, la France s’engagerait à en prendre 60, tout comme l’Allemagne, la Roumanie en prendrait 5, les Pays-Bas 6, le Luxembourg 6, l’Irlande 6, le Portugal 20. Selon la presse italienne, l’Italie en prendrait une quinzaine. 

Le commissaire Avramopoulos s’est évidemment réjoui de ces nouvelles, lui qui, comme d’autres officiels de la Commission, a été en contact étroit ces derniers temps avec les États membres pour parvenir à une solution. Joseph Muscat a ainsi remercié sur son compte Twitter l’aide apportée par Martin Selmayr, le secrétaire général de la Commission. 

Néanmoins, le commissaire a souligné que ces évènements n’avaient « pas été les meilleures heures de l’Europe » alors qu’il a fallu près de trois semaines pour trouver une solution permettant de débarquer tout le monde. Un délai qu’a déploré le groupe des Verts/ALE au PE dans un message sur Twitter

La Commission veut un dispositif temporaire de répartition automatique de migrants

Au-delà de ces annonces, le commissaire a aussi rappelé que les États membres devaient parvenir à porter à terme avec succès la réforme du système européen d’asile, lancée en mai 2016. 

Face à un échec attendu sur la révision du règlement de Dublin avant les élections européennes de mai, le commissaire a répété - comme l’avait fait la directrice générale des services aux Affaires intérieures de la Commission lundi, devant les eurodéputés de la commission des libertés civiles (EUROPE 12167) - que l'institution européenne était prête à travailler sur des dispositifs temporaires, mais soutenables, pour répondre à la problématique du débarquement des migrants, le temps qu’un nouveau système européen d'asile soit mis en place. 

C’est le travail que devrait aussi mener la Présidence roumaine du Conseil de l'UE, qui pourrait avoir à plancher sur ces dispositifs permettant à la fois de donner plus de visibilité aux opérations de débarquement des migrants et de préparer des critères plus ou moins consensuels pour avancer sur les aspects encore controversés de la réforme du règlement dit 'de Dublin' sur l'asile.

Le volontariat devrait être l’une des clefs de ces arrangements temporaires et la Commission devrait y jouer un rôle central de coordination, comme elle le fait depuis cet été à chaque fois qu’un bateau arrive et que l’un ou l'autre État membre refuse de le faire accoster dans ses ports. 

Ce rôle central de coordination est en tout cas « ce que nous demandent actuellement les États membres », confiait mercredi une source de la Commission, suggérant par ailleurs que le sujet pourrait être abordé lors de la réunion informelle des ministres de l'Intérieur le 7 février à Bucarest. (Solenn Paulic)

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