L’Union européenne, encouragée par la nouvelle voie empruntée par l’Éthiopie, a adressé un message positif au nouveau gouvernement, dans des conclusions adoptées sans débat par le Conseil de l’UE, lundi 19 novembre, en marge de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.
Après les élections qui ont porté à la présidence de la République Mme Sahle-Work Zewde, le Conseil note que l’Éthiopie a assisté à « un changement important » et que les réformes politiques et économiques ont gagné un nouvel élan, sous l’impulsion du Premier ministre, Abiy Ahmed (EUROPE 12126).
Le Conseil salue l’engagement du gouvernement envers une démocratie multipartite, le respect des droits de l’homme, l’État de droit et l’égalité homme/femme et l'encourage à poursuivre dans cette voie. Le Conseil estime que la nomination d’une femme au sommet de l'État et celle de 50 % de femmes dans le cabinet du Premier ministre, comme la promotion du rôle de la femme dans la société éthiopienne « représentent des pas importants et encourageants vers un degré plus élevé d’égalité de genre et d’inclusivité ».
Le Conseil encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts dans cette voie et à développer un dialogue inclusif avec tous les acteurs - autorités fédérales et régionales, groupes d'opposition, société civile, jeunes, médias - sur des solutions durables conduisant à une meilleure gouvernance, à la justice et la responsabilité, à des élections, à la création d'emplois et à une réponse aux défis de la sécurité.
L'UE se dit prête à soutenir les efforts de l'Éthiopie pour garantir le respect des droits fondamentaux, encourager la tolérance religieuse et l'intégration de l'égalité de genre dans toutes les politiques, promouvoir l'éducation et l'employabilité des femmes et des filles, éliminer les violences à l'encontre des femmes. Son soutien ira aussi à de prochaines élections « inclusives, crédibles et transparentes ».
Le Conseil encourage le gouvernement à mener à bien les réformes qu'il a annoncées pour revitaliser l'économie (amélioration du climat d'investissement, renforcement du rôle du secteur privé, engagement dans les mécanismes multilatéraux de libre-échange). Cela devrait contribuer à répondre « au besoin crucial de création d'emplois dans un pays où deux tiers de la population a moins de 30 ans ». Il évoque aussi le rôle que pourra jouer l'Alliance Afrique/Europe pour des emplois et des investissements durables. (Aminata Niang)