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Bulletin Quotidien Europe N° 12140
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Italie

M. Tria critique « les préjugés » sur la situation budgétaire italienne

Le ministre italien des Finances, Giovanni Tria, a estimé, lundi 19 novembre, que les discussions à l'échelon européen devaient davantage porter sur les moyens de répondre à un ralentissement de la croissance économique en Europe, critiquant la pensée dominante selon laquelle toute politique budgétaire expansive serait interdite hors situation de récession. 

« Il n'y a pas de préjugés anti-italiens sinon des préjugés vis-à-vis de certaines politiques » qui autorisent « les politiques budgétaires expansives seulement quand nous sommes en récession », a déclaré M. Tria à l'issue de l'Eurogroupe, convaincu qu'il s'agit là d'une « position erronée ». 

La Commission européenne présentera, mercredi, ses opinions sur les projets de budget 2019 des pays de la zone euro, et notamment sur la Loi de finances italienne qui risque d'enfreindre le Pacte de stabilité et de croissance (EUROPE 12137). 

Le ministre aimerait que le débat ne porte pas sur l'écart, qu'il a évalué à « plus ou moins 0,4 % », entre le déficit public avancé par Rome (2,4 % du PIB) et celui qui serait finalement toléré. 

Au contraire, il souhaite que les discussions avec l'échelon européen portent surtout sur les mesures permettant de faire face au ralentissement observé de la croissance. Si l'Allemagne s'arrête, cela aura un impact notable sur la zone euro et l'Italie, a-t-il estimé. 

D'où la nécessité, selon lui, de porter « un regard différent » sur le projet de budget italien, qui ne soit pas obnubilé par le chiffre du déficit. Le gouvernement italien entend provoquer un choc de croissance par le biais de l'augmentation du pouvoir d'achat, avec la création d'un revenu de citoyenneté, et de l'investissement public dans les infrastructures. 

M. Tria a fait valoir que le déficit italien est actuellement « l'un des plus faibles » de l'histoire italienne, avec une situation de surplus budgétaire primaire (hors service de la dette) depuis 20 ans. La dette publique représente, certes, un problème, mais elle est surtout héritée du siècle précédent et a moins augmenté après la crise financière de 2008 que l'endettement d'autres pays de la zone euro comme la France, a-t-il indiqué. (Mathieu Bion)

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