Ian Blackford et Stephen Gethins, deux députés écossais du Scottish National Party, ont fait part de leurs inquiétudes concernant les négociations menant au Brexit lors d'une rencontre avec le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, jeudi 25 octobre.
Les sources d’inquiétude ne manquent pas en effet. Le même jour au Comité des régions, les deux députés ont exprimé leur crainte face à un appauvrissement de l’Écosse. Le Brexit pourrait se traduire par une chute du PIB régional de 9 % sur 15 ans, soit une perte de 2 300 livres par personne, et par la destruction de 80 000 emplois, selon M. Blackford.
M. Gethins a d'ailleurs rappelé qu’il y avait plus de commerce entre le Royaume-Uni et la Belgique, que le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud réunis.
Le rétablissement potentiel d'une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord préoccupe fortement les deux députés. La question est cornélienne : il y aurait plus de passages frontaliers entre l’Irlande et l’Irlande du Nord que dans toutes les frontières d’Europe de l’Est réunies.
La seule option viable serait, aux yeux des députés, de maintenir tout le Royaume-Uni dans l’union douanière et son accès au marché unique européen. L’espoir d’aboutir à un tel accord serait alors réel, même si elle implique un renoncement de l'autonomie en matière commerciale pour les Britanniques.
« Nous sommes fermement convaincus qu'il y a une forte majorité [au Parlement britannique] en faveur d'un tel maintien. Nous pensons qu'un vote libre au Parlement britannique donnerait le choix de rester dans l'union douanière et le marché unique », a estimé M. Blackford.
Les deux députés approuvent la tenue d'un second référendum, cette fois-ci sur l’accord de retrait négocié par le gouvernement britannique et l’Union.
MM. Blackford et Gethins ont aussi vivement critiqué l’attitude du gouvernement britannique vis-à-vis de l’Écosse. Celui-ci chercherait à récupérer au niveau national des compétences dévolues à l’Union européenne, alors que celles-ci relèveraient du champ de compétences du gouvernement écossais dans le cadre de la dévolution.
« Ils reprennent le contrôle de l’Écosse », s’est insurgé M. Gethins.
La presse britannique a dernièrement révélé que le gouvernement écossais préparait, jusqu’alors dans le plus grand secret, un second référendum sur l’indépendance de l’Écosse. (Pascal Hansens)