La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, ont salué, vendredi 19 octobre dans la soirée, le vote, quelques heures plus tôt, par le Parlement de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, sur les modifications constitutionnelles pour la mise en œuvre de l'accord de Prespa.
« Le Parlement a fait un pas très important vers la mise en œuvre de l'accord de Prespa en lançant la procédure de modification constitutionnelle par un vote », ont estimé Mme Mogherini et M. Hahn. « Nous espérons maintenant que les procédures nationales de mise en œuvre de l'accord se poursuivront sans aucun retard, en vue de l'adoption des modifications constitutionnelles », ont-ils ajouté.
Le Parlement a adopté, par 80 voix sur 120, soit exactement la majorité des deux tiers requise, une proposition pour changer le nom du pays. Ce texte est la première étape d'un processus qui requiert plusieurs votes et pourrait se terminer au plus tôt début 2019. En amont du vote, certains députés du parti de l’opposition VMRO, qui comptaient voter en faveur du texte, avaient été menacés de sanctions par leur parti s’il votait en ce sens (EUROPE 12114).
La Haute Représentante et le commissaire ont rappelé le ferme soutien de l’UE à l’accord, estimant qu’il avait fallu du « courage politique, du leadership et de la responsabilité » aux dirigeants « pour résoudre l'un des plus anciens conflits de la région » et que le vote du Parlement confirmait cette « détermination ». « Il s'agit d'une occasion vraiment unique de faire avancer résolument le pays sur la voie de l'Union européenne ainsi que de la réconciliation dans la région », ont-ils rappelé.
Une fois le changement de nom définitivement entériné, le Parlement grec devra à son tour se prononcer sur l’accord. En Grèce aussi la situation est tendue autour du changement de nom. Mercredi 17 octobre, le ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, a démissionné à la suite d’un différend sur cette question avec le ministre de la Défense, Panos Kammenos – opposé au nouveau nom de la Macédoine.
Par ailleurs, jeudi 18 et vendredi 19, l’ARYM a mené des pourparlers officiels au siège de l'OTAN à Bruxelles en vue de son adhésion à l’Alliance. Les discussions ont porté sur les modalités détaillées de l'adhésion, y compris sur les questions politiques, militaires et juridiques. Le protocole d’adhésion ne sera signé que lorsque tous les changements constitutionnels auront été adoptés. (Camille-Cerise Gessant)