Lors de l’Assemblée générale de la Conférence des régions périphériques et maritimes (CRPM), qui s’est tenue du 18 au 20 octobre à Madère, les régions membres et la Commission européenne sont revenues sur la question de la coopération maritime, faisant ressurgir une nouvelle fois les oppositions.
Pour rappel, la Commission européenne a proposé de limiter la coopération maritime au niveau transnational, alors que celle-ci est transfrontalière dans le règlement actuel sur la coopération territoriale européenne, au grand dam des régions.
La raison serait notamment que la coopération transnationale nécessite la participation de régions issues de plusieurs États membres à un projet, alors que de nombreux projets fonctionnent sur une dynamique bilatérale. Pour la Commission, la nature des frontières terrestres et maritimes ne serait pas la même, et il faut, selon elle, mettre l'accent sur les projets liés à des services transnationaux, nous explique une source.
Autre point de discussion durant l’assemblée, la question du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE) et du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Ici, plusieurs régions auraient souligné la nécessité de revoir les plans des corridors, qui datent de 2013, en prenant mieux en compte les régions périphériques et maritimes, mais aussi les régions ultrapériphériques. Alors que les négociations entre les colégislateurs sont en cours (EUROPE 12090), les régions demandent un taux de cofinancement plus élevé et une amélioration des mécanismes de gouvernance avec les autres fonds européens.
Elles réclament en outre un soutien important aux ports et au transport maritime, non seulement pour améliorer l'accessibilité des régions périphériques maritimes, mais aussi pour lutter contre la congestion routière et le changement climatique.
D’une manière générale, les régions ont pointé du doigt la redistribution entre les postes de financement du prochain budget européen au détriment des politiques dites traditionnelles (EUROPE 12111, voir autre nouvelle) au profit des nouvelles priorités (défense, migration, innovation).
Sur la Politique de cohésion, les régions ont regretté les coupes budgétaires d’environ 10 %, le renforcement du lien avec le processus budgétaire 'Semestre européen', notamment pour le Fonds social européen+, et les coupes budgétaires dans les programmes Interreg, ainsi que la possibilité de transférer des financements d’un fonds à un autre, notamment vers InvestEU, le successeur du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). (Pascal Hansens)