Le Premier ministre britannique s’est exprimé, lundi 22 octobre en fin d’après-midi, devant la Chambre des Communes sur les résultats du sommet européen du 17 octobre, qui n’a pas permis de percée sur l’accord de retrait (EUROPE 12120).
Dans une ambiance échauffée, Mme Theresa May a souligné que 95 % de l’accord de retrait britannique était réalisé, avec de récentes avancées sur la gouvernance et le mode de règlement des litiges.
Mais, sans surprise, elle a insisté sur le fait que la question irlandaise et l’engagement d’éviter le retour d’une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord restaient les points les plus difficiles, et toujours à régler.
La dirigeante a réitéré son refus d’accepter la proposition initiale de filet de sécurité ('backstop') pour l’Irlande du Nord, qui reviendrait, selon elle, à séparer la nation britannique du reste du Royaume-Uni.
Elle a ensuite expliqué qu’elle avait fait des contre-propositions, notamment un partenariat douanier pour tout le Royaume-Uni, et assuré que l’UE « travaille maintenant activement avec nous » sur cette option, déclenchant au passage quelques rires.
Sur la possibilité d’une extension de la période de transition post-Brexit, Mme May a simplement émis la possibilité qu’une courte extension soit envisageable après fin 2020, même si elle a aussi redit que la meilleure solution pour elle est que la nouvelle relation future avec l’UE soit en place au 1er janvier 2021.
Plutôt une extension de la période de transition post-Brexit
Confiante dans les capacités des deux partenaires à trouver un accord sur une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'UE, Mme May a semblé dire que le choix pour son pays serait entre « une courte extension de la période de transition » post-Brexit et un filet de sécurité applicable à tout le Royaume-Uni.
Pour elle, l'extension après fin 2020 de la période de transition serait préférable dans la mesure où les entreprises ne devraient s'adapter qu'une fois à un changement de règles sur le chemin de la relation future entre les deux partenaires. Mais « nous devrions être sortis de cette période de mise en œuvre bien avant la fin de la législature du présent parlement », a-t-il souligné.
Selon Reuters, l’UE serait en effet en train de travailler plus intensivement sur cette option de filet de sécurité pour tout le Royaume-Uni. Des questions existent sur la légalité de cette option et sur ce qui doit, ou peut, être inscrit dans l’accord de retrait et ce qui doit, ou peut, l'être dans la déclaration sur la future relation UE/Royaume-Uni.
Avant le sommet européen d'octobre, un diplomate avait évoqué les limites de l'article 50 du Traité, activé par Londres pour sa sortie de l'UE.
Les Européens veulent, quant à eux, impérativement un filet de sécurité dans l'accord de retrait. (Solenn Paulic)