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Bulletin Quotidien Europe N° 12120
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Réduction des émissions de CO2 des véhicules lourds neufs, les députés plus ambitieux que la Commission

À une large majorité (47 voix pour, 6 contre), les membres de la commission de l’environnement du Parlement européen se sont prononcés, jeudi 18 octobre à Bruxelles, pour des normes ambitieuses d’émissions de CO2 de la flotte européenne des véhicules lourds neufs. 

En votant sur la proposition de règlement européen de mai dernier, ils ont choisi pour objectif contraignant une réduction des émissions de 20 % d’ici à 2025 et de 35 % à l’horizon 2030 (par rapport à 2019) pour la flotte européenne de ces véhicules lourds (EUROPE 12104, 12022). 

Ce résultat va beaucoup plus loin que la proposition sur la table qui visait 15 % d’ici à 2025 et au moins 30 % à l’horizon 2030 en tant qu’objectif indicatif à revoir en 2022, à la grande satisfaction du rapporteur, le Néerlandais Bas Eickhout (Verts/ALE) (EUROPE 12086). 

Le groupe PPE a pu se rallier au compromis entre les S&D, ADLE, GUE/NGL, ELDD et Verts/ALE. 

Initialement, le PPE et le groupe CRE proposaient 15 % pour 2025 et 35 % pour 2030. Le groupe CRE a voté contre le texte. 

Les députés ont en outre proposé un système d'incitants aux véhicules à faibles émissions ou à émission nulle, avec un pourcentage de référence ('benchmark') de 5 % en 2025 et de 20 % en 2030 pour la part minimale obligatoire de ces véhicules dans les ventes de chaque constructeur. 

Par un amendement, ils ont ajouté les bus à la liste des véhicules concernés. 

« Ce vote responsabilise les grands pollueurs du secteur des transports pour qu'ils prennent leur part dans la protection du climat. Les producteurs de camions devraient être récompensés pour leurs camions propres. L’UE doit accélérer le pas pour devenir pionnière de la transition vers une mobilité durable. Le message des experts du GIEC est limpide : le temps est compté », a commenté M. Eickhout. Pour la présidente de la commission des transports, Karima Delli (Verts/ALE, française), « ce vote doit aider à ce que les constructeurs de camions soient incités à produire des camions réellement propres ». 

Même satisfaction, avec un bémol, chez le Suédois Christofer Fjellner, rapporteur fictif du groupe PPE. « L'Europe est de loin championne du monde pour les camions et les bus du futur. Cette législation permettra de stimuler encore l'innovation et d'avoir davantage de camions à faibles émissions sur les routes », a-t-il souligné. Mais d'ajouter aussitôt que « les législateurs ne peuvent pas décider du quand et comment interviendra la transition technologique majeure requise pour décarboner le transport routier ». D'où son espoir que le vote en session plénière permettra d'amender le texte. 

Chez les constructeurs européens de véhicules lourds, c'est la consternation. L'ACEA, qui trouvait les objectifs de la Commission européenne déjà trop ambitieux, a aussitôt fait part de ses vives préoccupations face à des objectifs « extrêmement ambitieux », concernant notamment le délai de six ans, jugé trop court pour que les technologies requises soient disponibles et les objectifs fixés économiquement viables. 

« Ces objectifs poseraient des problèmes majeurs, car ils ne prennent simplement pas en compte les réalités et les complexités du marché des camions, ni la longueur des cycles de développement pour les véhicules lourds. Les eurodéputés doivent savoir que les camions qui arriveront sur le marché en 2025 sont déjà en phase de développement », a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Erik Jonnaert, dans un communiqué. 

Le Parlement se prononcera sur ce dossier et devrait voter le mandat pour commencer les négociations en trilogue lors de la session plénière du 12-15 novembre. (Aminata Niang)

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