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Bulletin Quotidien Europe N° 12120
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ACTION EXTÉRIEURE / Russie

M. Salvini dénonce la « folie » des sanctions

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a qualifié les sanctions prises à l’encontre de la Russie de « folie économique, sociale et culturelle », mercredi 17 octobre, lors d’une conférence à Moscou. 

« Nous nous opposerons au projet bruxellois de prorogation effective des sanctions contre Moscou indéfiniment, avec une sorte de renouvèlement automatique. Eh bien, nous dirons un 'non' catégorique à cela, nous considérons que cela est inacceptable », a-t-il expliqué dans une interview à La Repubblica

Cependant, le ministre est réticent à utiliser l’arme du veto. Selon lui, « le veto est un joker qu'on ne peut pas utiliser pour tout ». « Nous devrions le mettre pour le cadre financier au cours des sept prochaines années, les politiques migratoires, les politiques financières, les sanctions contre la Russie, précisément. Mais on ne peut pas, cela deviendrait une arme contondante », a-t-il détaillé. Avant d’ajouter : « Cependant, nous nous opposerons fermement à l'embargo que nous continuons à considérer comme inutile et nuisible, pour Moscou et pour les entreprises italiennes qui ont déjà perdu vingt milliards d'euros. » 

Jeudi 18 octobre, une source diplomatique a rappelé que tant qu’il n’y avait pas de progrès, notamment sur le dossier ukrainien, « les conditions [n’étaient] pas réunies pour alléger ou lever les sanctions ». 

Les sanctions économiques à l’encontre de la Russie ont cours jusqu’au 31 janvier 2019. Traditionnellement, les dirigeants donnent leur accord, à l’unanimité, à la prolongation des sanctions, pour six mois, lors des Conseils européens de juin et décembre. Ces sanctions sont liées à la mise en œuvre des accords de Minsk, mise en œuvre qui n’avance pas. 

En attendant la levée de sanctions, l’Italie souhaite que l’UE autorise des crédits pour des micro et des petites entreprises. Selon une source européenne, « la demande de l’Italie vise à autoriser une reprise des financements de la BERD et de la BEI à destination des PME russes ». Mais un diplomate a expliqué que certains pays, dont la France, étaient « très réticents sur ce geste isolé ». 

Selon plusieurs diplomates européens, M. Conte n’a pas mentionné son idée lors du Conseil européen, où, de manière plus générale, la question de la Russie n’a pas été abordée. (Camille-Cerise Gessant)

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