login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12074
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / GrÈce

Le FMI dubitatif quant à la viabilité à long terme de la dette grecque

Le Fonds monétaire international (FMI) exprime ses inquiétudes quant à la viabilité à long terme de la dette grecque, dans son analyse de viabilité de la dette, incluse dans un rapport relatif à la Grèce conduit au titre de l’article IV de ses statuts et publié mardi 31 juillet. 

Ce rapport est particulièrement pertinent, un peu plus d’un mois après la réunion de l’Eurogroupe qui a acté la sortie de la Grèce du troisième et dernier plan de sauvetage pour le 20 août et défini le cadre de surveillance post-programme ainsi que les mesures d’allègement de la dette (EUROPE 12046). 

Pour rappel, au titre de ces mesures, ont notamment été prévus une extension de dix ans des maturités des prêts du Fond européen de stabilité financière (FESF) ainsi qu’un moratoire supplémentaire, de 2022 à 2032, sur le remboursement des prêts contractés auprès du FESF. D'ici à 2022, Athènes récupérera en outre des profits réalisés par la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales au titre des opérations SMP et ANFA de rachat de dette publique. Ont été aussi abolies les marges de taux d’intérêt attachées à la tranche de rachat de dette du second plan de sauvetage. 

Si les directeurs exécutifs du FMI saluent ces mesures de dette et leur impact sur l’amélioration de la viabilité à moyen terme de la dette, ils sont beaucoup plus circonspects quant à sa viabilité à long terme. Ce, en raison de prévisions qu’ils estiment trop optimistes de la part de l’Eurogroupe en ce qui concerne la croissance et l'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette). 

Le taux de croissance nominal moyen grec visé par l’Eurogroupe jusqu’en 2060 est effectivement de +3,1 % du PIB par an en moyenne et l’excédent budgétaire primaire de +3,5 % du PIB jusqu’en 2022, puis +2,2 % en moyenne jusqu’en 2060. Le FMI table, lui, notamment pour des raisons politiques, sur des prévisions de croissance nominale de +2,9 % du PIB en moyenne et sur un excédent budgétaire primaire moyen de +1,8 % du PIB de 2023 à 2060. 

Le rapport salue néanmoins l’engagement pris par les grands argentiers de la zone euro d’inclure dans l’accord une clause de révision qui permettra, en 2032, de faire le point sur la viabilité de la dette grecque afin d’évaluer si des mesures additionnelles sont nécessaires. Mais le document laisse entendre que de possibles changements d’orientation politique des États membres dans les 40 prochaines années pourraient avoir des répercussions négatives sur leur engagement à soutenir financièrement la République hellénique et, donc, sur la viabilité de la dette et l’accès d’Athènes aux marchés à long terme. (Lucas Tripoteau)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES