L’UE a sanctionné, mardi 31 juillet avec publication de la décision au Journal officiel de l’UE, six entités en raison de leur participation à la construction du pont du détroit de Kertch qui relie la Russie à la péninsule de Crimée, annexée illégalement.
La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure avait dénoncé, le 15 mai, l’ouverture partielle de ce pont de 19 km (EUROPE 12021).
Les entités sanctionnées sont l’entreprise AO ‘Institute Giprostroymost - Saint-Petersburg’, chargée de la conception du pont, Stroygazmontazh Corporation (SGM Group), qui a obtenu un contrat public pour la construction du pont et sa filiale Stroygazmontazh Most OOO, et PJSC Mostotrest, au titre de son contrat public pour la maintenance dudit pont.
JSC Zaliv Shipyard, qui a « participé activement » à la construction de la nouvelle ligne ferroviaire vers le pont du détroit de Kertch, et CJSC VAD, contractant principal pour la construction de l'autoroute Tavrida en Crimée, de la route du pont ainsi que du réseau routier y menant, font aussi l’objet de sanctions.
Les mesures consistent en un gel de leurs avoirs dans l’UE et les personnes et entités établies dans l'UE ne peuvent mettre aucun fonds à leur disposition.
Selon le Conseil, par leurs actions, ces entreprises ont contribué à consolider le contrôle qu'exerce la Russie sur la péninsule de Crimée annexée illégalement, ce qui compromet davantage l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine.
Si le président ukrainien, Petro Porochenko, a salué, sur son compte Facebook, les mesures européennes, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a estimé, auprès de l’agence TASS que ces sanctions étaient « une politique subversive à l'encontre des citoyens de Crimée », encourageant « ceux qui sont derrière le blocus énergétique de la Crimée » et poursuivant « ceux qui construisent des infrastructures civiles ».
Avec cette décision, adoptée le 30 juillet par procédure écrite, 44 entités sont sanctionnées par l'UE en raison de leurs actions compromettant l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine. 155 personnes sont aussi soumises à un gel des avoirs et une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE dans le cadre de ce régime de sanctions. (Camille-Cerise Gessant)