La Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, lundi 16 juillet, le renforcement de la présence européenne en Libye et du soutien des Européens aux capacités institutionnelles du pays.
Mme Mogherini s'était rendue samedi 14 juillet à Tripoli pour inaugurer les locaux de la délégation de l'Union européenne en Libye et de la mission (EUBAM Libye) d'assistance à la protection de la frontière avec l'UE.
« C’est un signal fort que nous donnons : l’UE, qui a toujours été présente à travers un soutien politique et financier, est maintenant physiquement de retour à Tripoli », a souligné la Haute Représentante à l'issue du Conseil 'Affaires étrangères', ajoutant que le travail quotidien avec les autorités, les municipalités, la société civile et les agences onusiennes allait être renforcé.
L’UE finance actuellement des projets dans le pays à hauteur de 350 millions d’euros.
Accélérer la préparation aux élections
Mme Mogherini a apporté le soutien de l’UE au travail en cours de l’envoyé spécial de l’ONU, Ghassam Salamé, sur la préparation des élections prévues en décembre.
« Nous croyons que le travail en vue des élections doit être accéléré. Nous soutenons la Commission électorale et nous croyons qu’un cadre constitutionnel et juridique approprié doit être élaboré avant les élections », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté que les Européens voulaient savoir « comment ils pouvaient contribuer à la tenue des élections dans de bonnes conditions, dans un contexte constitutionnel bien circonscrit, des élections dûment préparées, qui permettent à tous les acteurs politiques d’accepter le résultat ».
Soulignant que les tensions liées aux revenus des ressources pétrolières à l’Est du pays s’étaient apaisées (EUROPE 12051), la Haute Représentante a annoncé que l’UE allait s'impliquer davantage, avec l'ONU, pour que « les revenus provenant du pétrole puissent être distribués d’une façon transparente et équitable ».
Renforcer la mission EunavforMed Sophia
Outre le soutien de l'UE à l'État libyen, selon une source européenne, la migration a eu une place significative dans le débat ministériel, lundi.
La Haute Représentante, devant la presse, est revenue sur l’opération en Méditerranée EunavforMed Sophia. Selon elle, l’UE est prête à commencer un nouveau cycle de formation des gardes-côtes et certains États membres, dans un contexte européen, sont en train de leur fournir les équipements nécessaires.
Mme Mogherini a annoncé avoir proposé aux ministres - comme elle l’avait fait aux chefs d’États et de gouvernement fin juin - d'allouer des ressources financières supplémentaires à l’opération afin que celle-ci soit présente à Tripoli et puisse surveiller le travail des gardes-côtes qu’elle a entraînés, notamment pour assurer le respect des droits de l’homme.
« Il y a un soutien politique, toujours, mais après je ne vois pas arriver l’argent », a-t-elle dénoncé, espérant que les ressources seront disponibles dans les prochains jours ou semaines (EUROPE 12053).
Et, si l'évaluation de la mission EunavforMed Sophia est prévue pour septembre, Mme Mogherini a demandé son accélération dans l'optique de résultats très rapides. « J’ai proposé que le mandat soit élargi et vise le contrôle opéré sur le trafic de pétrole », a-t-elle ajouté.
L’opération de l'UE possède déjà, depuis juillet 2017, un mandat de surveillance et de recueil d'informations sur le trafic d'exportations illicites de pétrole en provenance de la Libye. (Camille-Cerise Gessant)