La troisième tentative fut la bonne. À moins de cinq mois de la COP24 de Katowice (3-14 décembre) où doivent être finalisées les règles de mise en œuvre de l'Accord de Paris sur le climat ('the Paris Rulebook'), les dirigeants de l’UE et de la Chine ont adopté, lundi 16 juillet à Pékin, leur déclaration commune sur le changement climatique et l’énergie propre – celle qui n’avait pu être adoptée en juin 2017, pas plus qu’en décembre 2017, pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec le changement climatique (EUROPE 12062).
Sur le front du climat, la déclaration finale du vingtième sommet et cette déclaration spécifique qui lui est annexée sont un témoignage de l’engagement des deux parties envers le multilatéralisme pour trouver des solutions communes à un défi mondial. Elles formalisent une réponse à la défection de l’administration américaine, qui a tourné le dos à cet accord universel.
« Nous avons souligné notre ferme détermination à lutter contre le changement climatique et à faire preuve de leadership au niveau mondial », a commenté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans un communiqué. Le sujet n'a pas été évoqué lors de la conférence de presse finale, mais M. Juncker comme le Premier ministre chinois, Li Keqiang, ont tous deux fait acte de foi dans le multilatéralisme. « Je reste convaincu qu’à l’ère de la mondialisation et de l’interdépendance, le multilatéralisme doit être la constante de notre action », a déclaré à la presse M. Juncker.
Dans la déclaration finale, les deux parties réaffirment l'importance de combattre le changement climatique et s'engagent à contribuer activement à la conclusion du programme de travail sur l'accord de Paris afin de garantir la mise en œuvre pleine, entière et efficace de l'Accord de Paris.
L'UE et la Chine s'engagent à accroître leur coopération pour devenir des économies à faibles émissions de carbone et à appliquer l'Accord de Paris. Les deux parties sont convenues d'intensifier leur coopération politique, technique, économique et scientifique en matière de changement climatique et d'énergie propre.
Le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, et le président de la Commission nationale chinoise de développement et de réforme ont en outre signé un protocole d'entente sur le renforcement de la coopération entre la Commission et le ministère chinois de l'Environnement en matière de système d'échanges de quotas d'émission (ETS) - l'ETS de l'UE et celui de la Chine, lancé l'an dernier.
Climat, mais aussi protection de l’environnement et économie circulaire
Dans la déclaration finale, les deux parties soulignent aussi l’importance d’assumer « un plus grand leadership pour ce qui concerne l’agenda mondial sur l’environnement », en particulier sur les questions comme la prévention et le contrôle de la pollution, la conservation de la biodiversité, la mise en œuvre de la Convention CITES. L’UE salue à cet égard l’engagement de la Chine, qui accueillera en 2020 la quinzième conférence des parties (COP15) à la Convention internationale sur la biodiversité biologique, qui doit permettre l’adoption d’un cadre mondial post-2020 sur la biodiversité (EUROPE 12049).
L’UE et la Chine saluent l’adoption par les Nations Unies d’une résolution intitulée 'Vers un pacte mondial pour l’environnement' et attendent un rapport d'António Guterres lors de la prochaine assemblée générale de l'ONU comme base de travail pour aller de l'avant.
L'UE et la Chine ont en outre décidé d'instaurer un dialogue politique de haut niveau sur l'économie circulaire. (Aminata Niang)