Les représentants du personnel et des interprètes du Parlement européen ont marqué, vendredi 13 juillet, un accord avec l'administration du PE sur les conditions de travail, au cœur du conflit ouvert entre les deux parties depuis début juin (EUROPE 12055).
L'accord, qui sera soumis aux voix du comité du personnel ce mardi, semble de nature à mettre un terme à la grève des interprètes initiée début juin (EUROPE 12034). En cas de validation, les nouvelles règles s'appliqueront au plus tard à la rentrée de septembre.
« L'administration gagne sur beaucoup de fronts et les interprètes ont compris qu'il fallait s'adapter. Nous sommes gagnants sur la dernière partie, car nous avons réussi à mettre le holà aux demandes de l'administration, même si les conditions de travail seront moins bonnes qu'en 2006 », a indiqué à EUROPE une source issue des représentants du personnel, lundi 16 juillet.
Comme le souhaitait l'administration, l'amplitude d'une journée de travail sera au maximum de 12 heures avec un nombre limité de journées par semaine, mois, année. Sur l'interprétation lors de réunions ayant lieu tôt le matin ou tard le soir, des limitations sont aussi fixées. Un renfort en cabine a été agréé en cas de réunion marathon des groupes politiques du PE et des mesures de sauvegarde seront en place pour maintenir l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale pour une profession majoritairement occupée par des femmes.
Les grévistes ont obtenu qu'un groupe de suivi, composé de représentants des interprètes et de l'administration, soit chargé de surveiller la bonne application de l'accord. Ce groupe de suivi sera convoqué d'un commun accord, si nécessaire.
« L'union fait la force », s'est félicité ce représentant syndical, soulignant l'appui positif à leur cause des médias et d'eurodéputés. Ces derniers, qui n'avaient pas hésité à retarder un débat sur la Présidence bulgare sortante du Conseil lors de la dernière session plénière (EUROPE 12054), ont compris que les interprètes étaient au cœur même du fonctionnement de l'institution européenne, a-t-il estimé. Et d'espérer qu'avec cette expérience, l'administration du PE évoluera dans sa manière d'appréhender les tensions internes qui existent avec d'autres métiers tels que « la traduction et la sécurité ».
Contactée, l'administration du PE n'a pas souhaité communiquer, préférant attendre le vote du comité du personnel. (Mathieu Bion)