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Bulletin Quotidien Europe N° 12063
ACTION EXTÉRIEURE / Chine

Européens et Chinois affichent un front uni face au protectionnisme et au désengagement américain

Malgré les griefs européens ciblant la lente ouverture du marché chinois et les distorsions dues à l'intervention massive de l'État chinois, l'Union européenne et la Chine ont affiché, lors de leur 20e sommet, lundi 16 juillet à Pékin, un front uni en soutien du multilatéralisme et du libre-échange. 

Les dirigeants de l'UE - le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker - et le Premier ministre chinois, Li Keqiang, ont affirmé leur soutien au système commercial multilatéral régi par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et leur engagement à coopérer pour la réformer. 

« Nous nous sommes accordés pour dire que, dans les circonstances internationales actuelles, il est important de défendre le multilatéralisme et le libre-échange », a résumé M. Li. 

Au plan bilatéral, le sommet de Pékin a accouché d'un échange d'offres en matière d'accès au marché dans le cadre des négociations pour un accord sur l'investissement. Lancées en 2013, ces négociations ont lentement progressé dans leur deuxième phase relative à l'accès au marché depuis l'accord conclu en janvier 2016 sur la portée de l'accord. 

En matière d'investissement également, le sommet a été le théâtre de la signature d'un protocole d'accord entre le Fonds européen d'investissement (EIF) et le fonds chinois pour la Route de la soie, qui vise à confirmer le premier co-investissement sino-européen CECIF dédié au développement de synergies entre le projet chinois One Road, One Belt et le plan d'investissement pour l'Europe. 

Pas de pourparlers de libre-échange en vue. Louant les promesses du président chinois, Xi Jinping, d'une ouverture accrue du marché chinois aux entreprises étrangères, l'UE n'a toutefois pas manqué de rappeler les griefs persistants de ses acteurs économiques établis en Chine. 

Devant le sommet des affaires UE/Chine, M. Juncker a plaidé « pour que la relation bilatérale se renforce et gagne en réciprocité ». « Trop d'entreprises européennes rencontrent des difficultés majeures d'accès au marché chinois et ne bénéficient pas des mêmes conditions d'ouverture que celles offertes aux entreprises chinoises en Europe », a-t-il insisté. 

« La Chine a tout intérêt à créer un climat d'investissement plus attractif et à mettre fin au transfert forcé de technologies imposé à 20 % des entreprises européennes présentes en Chine », a averti M. Juncker, s'appuyant sur le dernier rapport de la Chambre européenne de commerce en Chine (EUROPE 12046). « Les investissements européens en Chine ont diminué de 13 à 7 milliards de dollars entre 2014 et 2017. Ce n'est pas la dynamique que nous voulons voir », a-t-il insisté. 

Ce manque de réciprocité en matière économique dissuade donc l'Europe, à ce stade, d'envisager la négociation d'un accord de libre-échange. « Nous n'avons pas décidé de lancer une étude d'impact en vue d'un accord de libre-échange, nous n'avons pas de mandat des États membres, de toute façon. Je ne vois pas de perspectives à très court terme », a précisé M. Juncker. 

Un accord sur les indications géographiques espéré en octobre

En revanche, l'UE et la Chine sont convenues d'accélérer leurs pourparlers sur un accord de coopération en matière de protection contre la contrefaçon pour les indications géographiques, avec l'objectif d'y parvenir d'ici fin octobre. « Cet accord permettrait d'approfondir notre relation commerciale tout en renforçant nos liens de confiance mutuelle et témoignerait clairement de notre adhésion commune aux règles internationales, notamment dans le secteur clé de la propriété intellectuelle », a fait valoir M. Juncker. 

L'UE et la Chine sont aussi convenues de renforcer leur coopération dans le cadre du forum sur les surcapacités dans le secteur de l'acier, piloté par l'OCDE. 

Dans le domaine de la sécurité alimentaire, l'UE et la Chine sont convenues de promouvoir les normes de sécurité alimentaire les plus élevées en tenant compte du principe de régionalisation et elles se sont engagées à élargir l'accès au marché pour les produits alimentaires. 

Enfin, le sommet de Pékin a enregistré de nouvelles avancées en matière de coopération douanière avec la signature d'un plan d'action 2018-2020 pour la coopération douanière en matière de droits de propriété intellectuelle et celle d'un accord entre l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) et l'Administration générale des douanes chinoise visant à renforcer la coopération en matière de lutte contre la fraude au transbordement, le trafic illicite de déchets et la fraude à la sous-évaluation. (Emmanuel Hagry)

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