Il sera difficile de respecter l’échéance de 2020 pour mettre fin la surpêche, a reconnu la Commission européenne dans son document de consultation sur les possibilités de pêche pour 2019, adopté lundi 11 juin (EUROPE 12025, 12010).
L'objectif principal de la Commission est de réaliser, en 2019, « d'importants progrès » afin d’atteindre une exploitation des stocks de poissons conforme au principe du rendement maximal durable (RMD), car c’est la dernière année avant l'objectif de 2020, peut-on lire dans le document sur les quotas 2019.
L’Union a réalisé d'importants progrès, note la Commission, qui admet que ce sera un défi de s'assurer que tous les TAC sont au niveau du RMD en 2020.
Pour des raisons biologiques et socio-économiques, on peut s’imaginer qu’il ne sera peut-être pas possible d’atteindre le RMD pour tous les stocks, admettent les services du commissaire à la Pêche, Karmenu Vella. Le nombre de TAC respectant le RMD a augmenté en 2018, passant de 44 à 53, ce qui représente seulement 69 % des TAC de l’UE.
L'UE est en retard, selon Oceana. Selon l'ONG Oceana, l’UE est encore loin de son objectif visant à éliminer la surpêche d’ici à 2020. Les données montrent que les niveaux de surpêche restent élevés dans l'Atlantique du Nord-Est, « où 41 % des stocks ont été capturés de manière excessive ». En Méditerranée, la situation est catastrophique : 90 % des stocks sont victimes de surpêche. Selon cette ONG, merlu, rouget, merlan bleu et lotte sont exploités à des niveaux environ dix fois plus élevés que ce que recommande la science.
L’obligation de débarquement, un autre défi. À compter de 2019, les règles de l’UE sur l’obligation de débarquement devront être pleinement d’application. C'est déjà le cas s'agissant des pêcheries pélagiques et de la pêche en Baltique. Pour les pêcheries démersales, le volume couvert par l’obligation de débarquement est passé de 35 % à 44 % depuis 2017. La Commission admet que des efforts supplémentaires seront nécessaires, et regrette que les pays aient très peu utilisé (49 millions d'euros au total) le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche pour aider les pêcheurs à se conformer aux nouvelles règles. (Lionel Changeur)