Le sommet du G7, qui s'est tenu ce week-end à Charlevoix, a accentué un peu plus les désaccords commerciaux entre Européens et Américains alors que les participants avaient marqué un accord sur un texte rejeté a posteriori par le président américain, Donald Trump.
« L'Union européenne soutient pleinement le communiqué du G7 agréé à Charlevoix » et « continuera d'agir à tous les niveaux pour parvenir aux objectifs fixés et à les promouvoir », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lundi 11 juin. « Pacta sunt servanda », a-t-il souligné, promettant que les Européens et leurs partenaires continueront de « se battre pour un système international multilatéral basé sur des règles ».
Tel qu'agréé à sept, le communiqué final du G7 reconnaît que « le commerce et l’investissement libres, équitables et mutuellement bénéfiques - tout en produisant des bénéfices réciproques - sont des facteurs clés de la croissance et l’emploi ». Soulignant « le rôle indispensable d’un système commercial international fondé sur des règles » et l'importance de « lutter contre le protectionnisme », le texte engage les pays signataires à « moderniser l’OMC pour la rendre plus juste, le plus rapidement possible, » et à s'efforcer de « réduire les barrières tarifaires et non tarifaires et les subventions ».
Le communiqué indique également que les pays du G7 préconisent le lancement de « négociations pour élaborer des règles internationales plus fortes sur les subventions industrielles qui faussent la concurrence et les actions de distorsion du marché par des entreprises publiques ». Outre la concrétisation intégrale des recommandations du Forum mondial sur les surcapacités de production d’acier, il souligne le caractère « urgent de mettre un terme aux surcapacités de production dans d’autres secteurs, comme l’aluminium et les technologies de pointe ».
Dimanche, alors qu'il était en route pour Singapour où il rencontrera le leader nord-coréen ce mardi, M. Trump s'est désolidarisé du texte, évoquant une trahison du Premier ministre Trudeau quant à la décision du Canada de répondre aux droits de douane américains imposés contre les importations d'acier et d'aluminium canadien.
Le président américain a aussi renouvelé sa menace de taxes sur les importations de voitures européennes, une initiative qui toucherait l'Allemagne de plein fouet.
« Pour le moment, il semble qu'aucune solution ne soit en vue, du moins pas à court terme », a indiqué lundi à la radio publique Deutschlandfunk le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier, faisant plutôt état d'une « régression » dans les discussions après le sommet du G7.
Face au brusque revirement américain, la France, convaincue que « la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots », a dénoncé l'« incohérence » américaine, tandis que l'Allemagne a accusé M. Trump de « détruire » la confiance des alliés à coups de tweets. La chancelière allemande, Angela Merkel, a espéré que les Européens continueront d'agir en faisant front commun face aux menaces américaines sur les importations de voitures. (Mathieu Bion)