Le commissaire européen à la Culture et à la Jeunesse, Tibor Navracsics, a précisé, lundi 11 juin, le sort que la Commission réservait au Corps européen de solidarité (CES) pour la période 2021-2027, pour laquelle elle a proposé de porter le budget à 1,26 milliard d’euros dans l’objectif d’offrir une activité temporaire à 350 000 Européens.
Le CES a été lancé par la Commission européenne en décembre 2016 (EUROPE 11684) pour permettre à des jeunes de 18 à 30 ans de participer à un éventail d'activités de solidarité à travers des actions de volontariat, des stages ou des emplois à durée déterminée à l’intérieur de l’UE.
Lundi, M. Navracsics a proposé de fusionner le CES avec l’initiative des Volontaires de l’aide de l’UE, « dans un objectif de simplification et de transparence ». Ce programme, doté à l’heure actuelle d’un budget de 148 millions d’euros, propose des activités de bénévolat à l'extérieur de l'UE.
Les citoyens européens pourraient ainsi postuler à des activités à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’UE par le biais d'un portail unique.
Le commissaire a aussi précisé que les activités seraient proposées en fonction de l’urgence des situations et des propositions faites par les ONG et entreprises locales, sans qu’un État soit privilégié.
M. Navracsics a en outre exprimé la volonté que les activités proposées ne puissent être associées à des « emplois dissimulés », rejoignant ainsi la préoccupation de la commission ‘emploi’ du Parlement européen (EUROPE 11937) et du Forum européen de la jeunesse.
Interrogé sur les 155 euros d’« argent de poche » mensuel octroyés à l’heure actuelle aux volontaires - par ailleurs nourris et logés gratuitement - il a admis que cette somme était « assez faible » et qu'elle pourrait évoluer.
Le volontariat devrait représenter la majorité des activités proposées. Le découpage exact du budget n’a néanmoins pas encore été déterminé, dans l’attente des résultats du trilogue lancé en mars (EUROPE 11976) pour la période 2018-2020.
Retard considérable
En mai 2017, une proposition a été faite par la Commission de doter le CES d’un budget propre et d’un cadre juridique autonome. Les trois institutions n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord, notamment sur la répartition des 341,5 millions d’euros de budget (issus principalement d’Erasmus+). Les négociations, qui s’éternisent depuis mars, ont fait prendre un retard considérable à la mise en place du CES.
L’objectif annoncé par la Commission d’intégrer 100 000 Européens dans le CES d'ici 2020 devra vraisemblablement être revu à la baisse. À l’heure actuelle, 65 000 candidats ont postulé, dont seulement 5 000 ont obtenu une activité.
M. Navracsics s’est néanmoins montré confiant quant à « un redéploiement du budget qui permettrait de répondre à toutes les demandes » et de rattraper le retard pris. (Mathieu Solal, stage)