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Bulletin Quotidien Europe N° 12038
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

L'Espagne et l'Italie rejoignent la coalition des pays de l'UE ambitieux sur le paquet législatif pour l'énergie propre

L'Espagne et l'Italie ont donné un nouveau souffle, lors de la réunion des ministres européens de l'Énergie, lundi 11 juin à Luxembourg, aux âpres négociations entre le Conseil de l'UE et le Parlement européen sur les textes phares du paquet 'énergie propre' - les directives révisées sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables et le règlement sur le système de gouvernance ‘énergie/climat', à la veille de trilogues décisifs pour boucler ces dossiers avant le terme de la Présidence bulgare, fin juin. 

Les nouveaux gouvernements espagnol et italien, plus ambitieux que leurs prédécesseurs en matière de transition énergétique, ont affiché leur volonté de rapprocher la position commune du Conseil des ambitions du PE en ce qui concerne la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique primaire et le taux d'amélioration de l'efficacité énergétique à l'horizon 2030, à savoir deux objectifs de 35 %. 

« Je pense que les positions défendues au PE sont les plus appropriées : 35 % de renouvelables et 35 % d'efficacité énergétique », a déclaré la nouvelle ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, en ouverture de la réunion du Conseil Énergie. 

« Nous avons changé de position. L'Espagne n'est plus un fardeau et s'aligne sur les pays qui ont une vocation pour le progrès, pour l'avenir », avait assuré Mme Ribera, à son arrivée à Luxembourg. « Nous devons nous aligner sur les objectifs les plus ambitieux en matière de renouvelables et d'efficacité énergétique, car c'est le seul moyen de rendre viable le respect de l'Accord de Paris », avait-elle insisté. 

« Nous devons relever le niveau d'ambition en termes d'efficacité et de renouvelables, conformément à la proposition du PE. Ce n'est pas seulement réaliste, mais souhaitable », a indiqué, devant le Conseil, le représentant de l'Italie. 

L'Espagne et l'Italie viennent ainsi gonfler les rangs de la coalition des pays les plus ambitieux, emmenée par la France, la Suède et le Danemark, qui soutiennent deux objectifs de 35 %. 

« L'Italie et l'Espagne se sont alignées sur la position des plus ambitieux. Elles ont changé la donne, c'est clair (...) cela va faciliter le travail de la Présidence pour trouver un compromis », s'est félicité le commissaire à l'Énergie et au Climat, Miguel Arias Cañete. 

« Il y a une division marquée en quatre groupes de pays et la Présidence devra s'efforcer d'embarquer le maximum de pays et éviter les minorités de blocage », a ajouté M. Cañete. 

Face au « groupe des pays favorables aux objectifs les plus ambitieux », incluant aussi « la Lituanie, le Luxembourg, le Portugal (pour les renouvelables) », selon lui, « il y a ceux qui sont favorables à des objectifs au-dessus de 30 %, mais bien loin de 35 %, il y a d'autres pays favorables à des objectifs de 30 % et il y a d'autres pays qui ne sont pas encore décidés »

En vue des trilogues du 13 juin en ce qui concerne les directives révisées ‘efficacité énergétique' et ‘renouvelables’, la Présidence bulgare propose deux options pour chacun des deux textes, avec différents niveaux d'ambition et de flexibilité. 

Pour l'efficacité énergétique, elle propose l'option d'un objectif contraignant de 30-31 % assorti d'un article 7 sur les flexibilités, prévoyant un accroissement de l'efficacité énergétique dans l'utilisation finale de 0,9 % - 1,0 % et l'inclusion du secteur des transports jusqu'à 30 %. 

L'option alternative prévoit un objectif plus grand, de 32 % - 33 %, mais non contraignant, assorti d'un objectif d'efficacité énergétique dans l'utilisation finale de 0,7 % - 0,8 % avec l'exclusion du secteur des transports ou son inclusion jusqu'à 10 %. 

En ce qui concerne les renouvelables, la Présidence propose deux options, l'une avec un objectif de 30 % - 31 %, l'autre avec un objectif de 32 % - 33 %, mais plus l'objectif sera important, plus les États membres auront des flexibilités dans les secteurs couverts (électricité, transports et chauffage-refroidissement). 

« Nous sommes dans une phase de transition énergétique irréversible. Il faut bien comprendre que c'est une aubaine plus qu'une charge, en termes de croissance et d'emplois, de réduction de la dépendance des importations d'énergie et face aux prix des combustibles fossiles », a insisté M. Cañete. 

Face au conservatisme de pays de l'Est, comme la Pologne, la Hongrie et la Roumanie, en matière environnementale, la Présidence bulgare aura fort à faire pour trouver un compromis équilibré pour le Conseil et satisfaisant pour le PE, que M. Cañete a aussi appelé « à faire preuve de souplesse ». (Emmanuel Hagry)

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