Le 14 juin prochain, la Commission européenne donnera les chiffres et les détails de l’instrument financier très large ‘Action extérieure’ (rubrique 6) de son projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 pour lequel elle n’a donné jusqu’ici que l’architecture, en la simplifiant, et les grandes lignes (EUROPE 12013).
Les discussions sont en cours pour connaître la répartition des fonds au sein de cet instrument qui en absorbera huit - dont l’instrument de coopération au développement (DCI) et le Fonds européen de développement (FED) qui échappe actuellement au contrôle démocratique du Parlement européen, mais aussi l’instrument de voisinage, le soutien à la démocratie, l’instrument pour la stabilité, l’instrument de partenariats, l’instrument de sûreté nucléaire...
Toutefois, selon une source européenne une chose semble sûre : le montant dévolu à la coopération au développement sera augmenté.
« Nous aurons plus d’argent en termes absolus, mais on ne sait pas encore combien » a déclaré, vendredi 4 mai, un haut fonctionnaire européen. Dans le projet de CFP, l’instrument de politique extérieure est doté de 89,5 milliards d’euros contre 52 milliards dans le budget actuel si l’on inclut les 30 milliards du FED qui représentent 0,03 % du RNB de l’Union européenne.
« Mais l'argent ne fait pas tout. La direction politique compte aussi », a estimé cette source. Et selon elle, l'instrument de financement de l'action extérieure, dans son approche, est conforme à la logique des objectifs universels de développement durable et au 'Consensus européen pour le développement'.
En outre, la flexibilité du FED, qui offre la possibilité d'utiliser les fonds en réserve pour différentes crises - comme la crise Ebola, la crise migratoire ou El Niño - et de reporter d'une année sur l'autre les ressources financières non utilisées, sera préservée, a fait valoir cette source.
« La politique de développement conservera comme objectif premier l’éradication de la pauvreté, conformément au Traité, mais ce n’est pas une politique isolée. Elle soutient les objectifs de politique étrangère pour ce qui concerne, par exemple, les droits de l’homme ou la stabilité », selon ce haut fonctionnaire.
Les détails attendus de la Commission européenne dans sa proposition du 14 juin permettront aux ONG de développement d'y voir plus clair, s'agissant de la crainte qu'elles ont d'ores et déjà exprimée de voir la future politique européenne de coopération au développement inféodée à la politique étrangère de l'Union pour servir les intérêts à court terme de l'UE (EUROPE 12014). (Aminata Niang)