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Bulletin Quotidien Europe N° 12015
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ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Malgré la cacophonie entre Berlin, Paris et Rome, l'UE maintient le cap dans la brouille transatlantique sur le commerce

Tandis que l'Allemagne, la France et l'Italie peinent à délivrer un message coordonné, la Commission européenne a réitéré, vendredi 4 mai, qu'elle exigeait une exemption totale et permanente pour l'UE des droits de douane américains de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur celles d'aluminium, avant d'engager des discussions sur d'autres questions relatives au commerce transatlantique. 

« Les discussions se poursuivent à différents niveaux entre la Commission et l'administration américaine suite à l'annonce (par le président américain, Donald Trump) de la prolongation (pour un mois, jusqu'au 1er juin) des droits de douane américains sur les importations d'acier et d'aluminium », a répété un porte-parole de la Commission vendredi. 

« Comme l'a répété le président de la Commission, Jean-Claude Juncker (mercredi 2 mai), nous ne négocions pas sous la menace. Lorsque l'UE obtiendra une exemption permanente de ces droits de douane, nous serons prêts à travailler sur un programme commercial transatlantique positif qui nous permettrait d'aborder d'autres questions d'intérêt commun », a-t-il ajouté. 

La Commission a aussi répété qu'elle préparait un paquet de contre-mesures à l'imposition éventuelle des taxes américaines, « compatibles avec les règles de l'OMC », prévoyant notamment des droits de douane sur des exportations américaines à hauteur de 2,8 milliards d'euros (EUROPE 11983). 

Pour régler la question, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, ont ouvert, le 21 mars, un processus de dialogue sur le commerce transatlantique, qui n'a cependant débouché sur rien de concret pour le moment (EUROPE 11986, 11988). 

De leur côté, les grands États membres peinent à accorder leurs violons sur le message à donner à Washington. Tandis que la France se fait clairement l'écho de la Commission, l'Allemagne et l'Italie ne cachent pas leur souhait d'un accord plus large incluant un abaissement tarifaire sur certains produits et mettant de côté les questions les plus épineuses des négociations TTIP, au point mort depuis le départ du prédécesseur de M. Trump à la Maison-Blanche, Barack Obama (EUROPE 12014). 

« Pour sortir de l'impasse commerciale entre l'UE et les États-Unis, il faut s'efforcer de parvenir à un accord sur les tarifs et les barrières non tarifaires en laissant de côté tous les chapitres controversés des négociations TTIP. Nous l'avons proposé au cours de notre présidence du Conseil de l'UE (au deuxième semestre 2014, NDLR). Les confrontations entre l'UE et les États-Unis sont une erreur et dangereuses », a clamé le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, mardi 1er mai. 

« Les pays de l'UE doivent s'engager dans des discussions soutenues pour parvenir à une réponse commune à la menace américaine d'imposer des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium », a déclaré une porte-parole du gouvernement allemand, vendredi. « Je ne peux pas parler de calendrier, car cela doit être établi au niveau européen. Il est important d'avoir des discussions rapidement afin de dégager une position européenne commune », a-t-il ajouté. 

Plusieurs dirigeants européens ont souligné, lors du Conseil européen du 23 mars, qu'ils ne souhaitaient pas de pourparlers avec les États-Unis en vue d'un accord commercial 'TTIP-light' qui inclurait le seul traitement des barrières tarifaires (EUROPE 11989). (Emmanuel Hagry)

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