Dans un rapport ad hoc publié mardi 10 avril, le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe prend acte des « efforts conséquents » déployés par l’Italie pour secourir et abriter les réfugiés arrivés par la mer. Mais il pointe aussi un certain nombre de lacunes et rappelle « la nécessité d’une approche européenne coordonnée ».
Ce rapport est fondé sur la visite d’une délégation du CPT qui s’est rendue en juin 2017 dans les centres d'identification des migrants ('hotspots') de Lampedusa, Pozzallo et Trapani ainsi que dans le 'hotspot' mobile installé dans le port d’Augusta.
Les experts du Conseil de l’Europe ont également pu assister à une procédure de débarquement au port de Trapani, visiter les centres fermés d’éloignement de Caltanissetta, Ponte Galeria (Rome) et Turin. Ils se sont aussi rendus dans les locaux de rétention de l’aéroport de Rome.
Aucun indice ni allégation de mauvais traitements ne sont à signaler dans les 'hotspots', précise le rapport qui qualifie de « remarquable » la qualité des services proposés aux nouveaux arrivants, notamment en matière de soins de santé.
Le taux d’occupation supérieur à la capacité d’accueil - particulièrement à Lampedusa - préoccupe cependant le CPT, tout comme l’interdiction faite à certains ressortissants étrangers de quitter les locaux.
Plusieurs recommandations sont formulées quant aux garanties juridiques à appliquer en la matière, d’autres concernent le cas spécifique des mineurs bloqués dans les 'hotspots' faute de place dans des centres d’accueil spécifiques.
Sur les centres fermés d’éloignement, le CPT est globalement positif, mais s’inquiète du manque d’activités proposées aux résidants. Il en appelle notamment à la mise en place d’« activités motivantes » telles que la formation professionnelle ou le travail pour les personnes séjournant pour de longues périodes dans ces centres.
Les conditions matérielles dans les locaux de rétention de l’aéroport de Rome sont « adaptées, mais uniquement aux séjours très courts », constate par ailleurs le CPT qui pointe le manque d’accès à la lumière du jour. « La distribution régulière des repas n’est pas toujours assurée », ajoute-t-il.
Autant de problèmes dont l’Italie est consciente, si l’on en croit les termes de sa réponse au CPT. Celle-ci apporte certains éclaircissements juridiques, annonce la fermeture temporaire pour cause de rénovation de deux établissements à Lampedusa et à Caltanissetta. Rome reconnaît aussi qu’il est nécessaire d’améliorer l’offre d’activités proposées aux personnes retenues dans les centres d’éloignement. (Véronique Leblanc)