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Bulletin Quotidien Europe N° 11998
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

Violeta Bulc craint que les objectifs européens en termes de sécurité routière pour 2020 ne soient pas atteints

Violeta Bulc, la commissaire européenne aux Transports, a présenté, mardi 10 avril, des résultats encourageants quant au nombre de morts sur les routes européennes en 2017, mais elle s’est montrée sceptique concernant la possibilité d'atteindre l’objectif de diviser par deux le nombre de victimes sur la période 2010-2020. 

Près de 25 300 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’Union européenne en 2017, ce qui correspond à une baisse de 2 % du nombre de victimes par rapport à 2016, alors qu’une réduction similaire avait été observée l’année auparavant. Sur l’année 2017, il est par ailleurs estimé que 135 000 personnes ont subi de graves blessures consécutives à des accidents de circulation. C’est ce qui ressort des statistiques de la Commission européenne, exposées par Mme Bulc en conférence de presse. 

Bien que ces pertes représentent toujours des coûts humains et économiques importants pour l’UE, Mme Bulc a souhaité se montrer optimiste. « Nous faisons des progrès », a-t-elle ainsi affirmé, évoquant un taux de mortalité (49 pour un million d’habitants) au plus bas dans l’histoire de l’Union européenne et meilleur que celui observé dans le reste du monde. 

Au rayon des bonnes nouvelles, la commissaire s’est également félicitée du fait que « le fossé entre les États membres se résorbe ». « Plusieurs États ont fait des progrès vraiment spectaculaires l’an dernier », a-t-elle ajouté, l’Estonie ayant effectivement vu le nombre de morts sur ses routes chuter de 32 % l’an dernier, Malte de 17 % et l’Irlande de 15 %. 

Mme Bulc a en outre tenu à rappeler qu’elle se satisfaisait de l’engagement des États membres à lutter contre l’insécurité routière, notamment au travers de la déclaration de La Valette, signée le 29 mars 2017 (EUROPE 11757). 

Questionnée par EUROPE, Mme Bulc a cependant déclaré « craindre que nous ne puissions atteindre » l’objectif de réduction de 50 % du nombre de morts sur les routes de l’UE entre 2010 et 2020. Ce, alors que la baisse est estimée à 20 % depuis 2010. « Si nous voulions atteindre cet objectif, nous devrions réduire le nombre de morts sur les routes de 14 % [par an] » d’ici à 2020, a-t-elle ainsi affirmé. 

Prenant la sécurité routière très au sérieux, elle a invité les différents acteurs à continuer à travailler pour réduire davantage la mortalité routière. C’est notamment dans cette optique que sera proposé, le 16 mai, le troisième paquet ‘mobilité’. Celui-ci inclura, entre autres, des propositions de révision du règlement 661/2009/CE sur les standards de sécurité des véhicules, de la directive 2008/96/CE concernant la gestion de la sécurité des infrastructures routières et un plan d’action pour la sécurité routière 2020-2030. L’objectif, sur cette dernière période, est également de réduire la mortalité routière de 50 %. 

Mme Bulc s’est enfin dite « confiante dans le fait que nous allons vers une ‘vision 0’ pour 2050 ». 

L’ETSC veut des actions concrètes. Réagissant à la publication de ces chiffres, le Conseil européen pour la sécurité des transports (ETSC – European Transport Safety Council) a regretté que l’objectif sur la période 2010-2020 « ne soit très probablement pas atteint ». « Il est temps de voir un nouveau projet de long terme pour la prochaine décennie, avec une stratégie claire pour réduire par deux le nombre de personnes qui meurent ou sont gravement blessées sur nos routes chaque semaine », a déclaré Antonio Avenoso, le directeur exécutif de l’association. Les États membres ont, d’après l’ETSC, un « rôle crucial » à jouer en ce sens. (Lucas Tripoteau)

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