Le commissaire au Budget, Günther Oettinger, a déclaré devant les députés européens de la commission ‘développement régional’, qu’une réduction de 30% serait très dommageable pour la politique de cohésion, mais, en revanche, qu’une réduction de 10 % serait envisageable, jeudi 23 novembre.
La Commission européenne réfléchit en interne à l’impact de plusieurs scénarios budgétaires allant, en quelque sorte, du statu quo à une réduction de 30 %, en passant par un « scénario de référence » de 15 % (EUROPE 11901). Ce scénario de référence semble être le plus probable et le commissaire a semblé le confirmer en disant, en substance, qu’une réduction de 10 % pouvait être envisageable et soutenable.
Pour M. Oettinger, celui qui promet une hausse du budget ne pourra pas tenir cette promesse en raison du départ du Royaume-Uni, d’une part, et de l’inflation de nouvelles missions attribuées à l’Union européenne, d’autre part. Pour lui, il sera nécessaire de faire ce qu’il appelle « des coupes budgétaires chirurgicales » qui n’auront, à l'en croire, aucune incidence sur la politique de cohésion.
À ce titre, le commissaire a épinglé une série d’États membres, en nommant le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, l’Autriche, ou encore l’Allemagne - État membre dont il est originaire -, critiquant leur volonté de limiter leur contribution à l’Union européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel à 1 % du revenu national brut. Une contribution à ce seuil rendrait impossible, selon lui, d’honorer les objectifs, anciens et nouveaux, impartis à l’Union européenne. Le commissaire a souhaité à plusieurs reprises que ces États membres s’engagent à augmenter « un tout petit peu » leur contribution au prochain cadre financier pluriannuel. La commissaire à la Politique régionale, Corina Crețu, a déjà mentionné à plusieurs reprises une augmentation du budget à 1,2 % du revenu national brut des États membres (EUROPE 11905).
M. Oettinger a dit vouloir boucler les négociations pour le prochain budget en mai 2019 au plus tard. Pour lui, il est de la plus haute importance de trouver un accord au plus vite, et non en décembre 2020, pour éviter de perdre une année.
En conclusion de son intervention, le commissaire a indiqué vouloir rencontrer de nouveau les députés européens en février 2018. (Pascal Hansens)